Marie Galante : île Galette ou île aux cent Moulins ?

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Du 6 mars au 12 Mars 2020

Je rajouterais aussi un autre surnom « l’Ile de la Canne », car cette canne à sucre, importée de Papouasie Nouvelle Guinée a profondément changée l’histoire de cette île.

Terre de traditions rurales.

Marie-Galante, terre de traditions rurales, qui cultive un art de vivre paisible, abuse avec malice plus d’un observateur et ses battements de cœur s’activent en un clin d’œil au rythme de la fête et de ses complicités familiales.  D’une superficie de 158 km², l’île, qui est plus communément appelée la « grande galette » en rapport à sa morphologie et sa forme circulaire et son relief peu élevé (le plus haut sommet, le morne constant, culmine à 204m), compte trois Communes et 12 410 habitants. Marie-Galante qui a compté jusqu’à 106 moulins est aussi appelée « l’île aux cent moulins » eu égard à son activité sucrière puis de distillerie de rhum. Elle a aussi connu un nombre important d’animaux de somme et de trait avec des boeufs (encore présents dans les champs) et des ânes.

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Une île authentique

En plus d’offrir tout le confort sanitaire qu’on est en droit d’attendre d’un Département français (hôpital, médecins, pharmacies, etc..), Marie-Galante propose l’authenticité de la vie aux Antilles, un charme pittoresque, d’innombrables plages de sable blanc, des lagons bordés de récifs coralliens, et la sérénité du séjour. La vie s’effile comme un long fleuve tranquille ici.

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Le meilleur rhum du monde

Pas trop chauvins les Marie Galantais estiment qu’ils ont « le meilleur rhum du monde » : un fabuleux nectar qui titre 59°. En « ti punch » adouci par le sirop de batterie pour l’apéritif et en rhum vieux pour le digestif, il saura accompagner comme il se doit le bébélé, le « chaudage », ou le court bouillon de poisson frais, plats traditionnels, que préparent avec soin les restaurants de la place.

Une histoire parfois sordide et injuste.

L’exploitation de la canne à sucre sous toute ses formes a bien évidemment connu son essor grâce ou à cause de l’esclavage. A certaines période de l’histoire, les esclaves représentaient jusqu’à 75% de la population totale de l’ile. Après l’abolition, une histoire particulière à marqué à jamais l’esprit collectif avec « la mare au punch » que je vous relaterais plus tard.

Quelles visites alors ?

Et bien c’est un peu un mélange de tout cela avec, des plages et décors exceptionnels, des lieux historiques, des distilleries et des rencontres et discussion avec les habitants et tout cela dans un rythme nonchalant, agréable et attachant.

Voici notre parcours sur quelques jours…

Saint Louis

Nous avons choisi la bourgade de Saint Louis pour notre séjour à Marie Galante. La zone de mouillage est vaste sur sable dans 2-4 mètres d’eau. La tenue est excellente. A noter que comme partout, il faut slalomer entre les nombreux casiers à l’arrivée.

Le bourg quand a lui semble endormi et la plupart des magasins ouvre le matin, ferme par la suite pour réouvrir en fin d’après midi. Les sociétés de location voitures doivent être appelées sur Grand Bourg car elle ne conservent pas leur devanture ouverte tout le temps, excepté quand des navires à passagers viennent de Guadeloupe.

Un U express bien achalandé et pas trop cher permets un approvisionnement de qualité  et de nombreux restaurants peuvent vous préparer des spécialités locales comme le Bélélé et la chaudasse.

L’ambiance générale est bon enfant comme dans toute l’île… et des bars de plage proposent à tour de rôle des concerts et notamment Chez Henri avec ses Concerts de Jazz. L’île accueille un grand festival « Terre de Blues » à la Pentecôte avec pas moins de 15000 festivaliers.

Vous pourrez aussi y admirer d’exceptionnels coucher de soleil, avec en toile de fond, l’archipel des Saintes, que nous irons découvrir dans quelques temps.

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Anse Canot et Anse de Mays

A proximité de Saint Louis, deux mouillages d’anthologie qui représente pour nous peut être les plus beaux mouillages du Sud Antillais. Nous retrouvons à cette occasion, un autre Lerouge nommé Azuli et N°0 de la série et passons encore un excellent moment 😉. Une plage de sable fin et blanc, ourlée de cocotiers et une eau d’une transparence inouïe au pieds de falaises immaculées. Un très bel endroit justifiant la qualité donnée aux plages de Marie Galante.

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Gueule Grand gouffre

Un peu plus au Nord, nous continuons notre route vers la Gueule grand gouffre, qui est un impressionnant gouffre à ciel ouvert qui laisse apparaître la mer. Les vagues de l’Atlantique viennent se jeter avec fracas contre la roche érodée et provoquent quelques belles gerbes d’eau… De là, vous apercevrez les côtes de la Grande-Terre et par beau temps, la Désirade.

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Caye Plate

Comme le laissait présager La Gueule de Grand Gouffre, les falaises du Nord-Est vous emmènent dans un changement radical de décor qui contraste étonnamment avec les plages idylliques et les plantations verdoyantes du reste de l’île.

Dernier refuge des amérindiens, la falaise de Caye plate vous dévoile en effet, par un long chemin de randonnée jusqu’à l’Anse Piton, cette côte du Nord-Est, sauvage et déchiquetée en pointes rocheuses qui alternent avec des anses de sable blotties au pied de ces masses géantes. Au bord de ces falaises à pic, ces murs de pierre érodés par le vent et les embruns, vous entraînent inexorablement dans leur fond couleurs marines tandis que les flots qui s’acharnent sans relâche au pied des précipices, vous enivrent. Les panoramas prodigieux et inédits qu’offre ce site grandiose vers l’horizon infini de l’océan et sur le relief de l’île et la mer des Caraïbes, vous donnent l’impression d’être le roi du Monde. Mais ne vous y trompez pas, ce gigantesque plateau quasiment vierge de toute végétation tel un autel naturel offert aux éléments qui rongent toujours un peu plus cette terre sauvage, vous ramènera humblement à plus de modestie.

Destination-marie-galante.fr

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Grand Bourg

Capitale de l’île avec. un peu plus de 5000 habitants, Grand bourg  assure une part importante de l’activité économique, commerciale et administrative de l’île. La commune accueille sur son territoire l’aérodrome de Marie-Galante assurant la desserte de l’île depuis l’aéroport Guadeloupe-Pôle Caraïbes. Le port est le plus important de l’île et accueille des activités de pêche et touristiques.

Une part importante de l’économie de Grand-Bourg est liée à la culture de la canne à sucre, pour la production sucrière à l’usine de la Grande-Anse et surtout pour la fabrication de rhum de Guadeloupe assurée par les deux distilleries présentes sur le territoire de la commune : la distillerie Bielle et la distillerie Poisson (produisant le rhum du Père Labat).

Son petit port peux accueillir des bateaux de plaisance dans ou en dehors de son môle dans des eaux magnifiques.

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Nous y avons aussi trouvé une très bonne pizzeria car cela faisait longtemps que nous n’en avions pas mangées : « Chez Gino » sur le port.

Distillerie de Père Labat car il faut bien en choisir une …

La Distillerie du Père Labat est la plus ancienne de l’île de Marie-Galante et l’une des plus anciennes au monde encore en activité. Le rhum du Père Labat, l’un des meilleurs rhums au monde y est produit. Nous sommes fiers de notre histoire et de notre terroir très riches. Notre rhum a ainsi au fil des 100 dernières années, su se développer, et se perfectionner tout en respectant les plus anciennes et artisanales techniques de fabrication, afin d’obtenir l’élixir que nous produisons aujourd’hui. Source Site Rhum Labat

Après une visite intégrale de l’outil de production avec ses colonnes de distillation, ses anciennes cuves en batterie, ses cuves inoxydables de stockage, direction le maitre de chais, Fulbert, Marie Galantais Rasta, à la passion intacte et omniprésente. Une visite sans chichi, loin de l’ambiance touristique de ses collègues martiniquaises.

Geneviève goutera même, à la sortie de la cuve un rhum à 71°. Elle n’est vraiment pas sérieuse ma femme 😂

Ici c’est Labat slogan de l’entreprise

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Ici des rhums agricoles blanc, ambré, vieux à 59 degrés, rempli de parfums comme on ne connait pas dans les rhums industriels distribués en Métropole.

Quelque chose d’unique !

A noter le restaurant indépendant, la Table du Père Labat, situé à l’entrée de la propriété, qui propose une cuisine gastronomique, alliant des produits frais du terroir et mariant les saveurs avec bonheur comme un Thon Rossini incroyable. Pour une fois qu’on ne se fait pas chier dans un resto !!!!

L’habitation Murat et l’éco musée

L’habitation Murât, fut en 1839, avec ses 207 esclaves, la plus grosse plantation de canne à sucre de la Guadeloupe. La légende prétend que se serait Jeanne LABALLE, ancienne élève des beaux-arts, épouse de Dominique MURAT, qui aurait dessiné le château au début du XIXè siècle.

Aujourd’hui, c’est un écomusée des Arts et Traditions Populaires qui rassemble sur quelques centaines de mètres carrés trois siècles d’histoire sucrière de la Guadeloupe à l’époque coloniale.

Le musée propose un centre de documentation et de lecture, ainsi qu’un jardin de plantes médicinales et d’authentiques « cases en gaulettes ».

La visite est très intéressante présentant l’évolution du traitement de la canne à sucre dans les sucrières : Des moulins à bêtes, au moulin à vent puis au chaudière à vapeur.

N’hésitez pas à interroger le guide du musée dans la maison de maître, car il détient à lui tout seul toute l’histoire singulière de Marie Galante.

Le moulin de Bézard

Un des deux derniers moulins à vent de l’île qui en comptait pas loin de 100. Le mécanisme est encore en place ce qui permets de mieux comprendre le fonctionnement du broyage de la canne à sucre.

Il n’est plus utilisé à partir de 1920 et est fortement endommagé par l’ouragan Betsy en 1951. Restauré en 1955 – lors d’un chantier-école de dix-huit mois soutenu par l’État et la région employant 52 stagiaires de six corps de métier différents encadrés par des compagnons du Tour de France qui ont utilisé de pierres extraites de la carrière des Balisiers à Capesterre-de-Marie-Galante et refait intégralement l’ensemble de la charpente en bois, les quatre ailes et la machinerie extérieure pour le broyage de la canne.

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L’habitation Roussel Trianon

L’habitation Roussel-Trianon, propriété du Conseil Général de la Guadeloupe, se caractérise par son ancienne écurie en très bon état et par la cheminée de l’ancienne sucrerie répertoriée aux monuments historiques.

Si la cheminée carrée de cet ensemble remarquable en briques et pierres de taille est inscrite aux monuments historiques, l’usine envahie par la végétation était la seule des Antilles à produire du sucre raffiné au XVIIIe. La particularité de cette sucrerie, c’est qu’elle a évoluée au fil des décennies pour devenir un outil industriel suite à l’abolition de l’esclavage et à la mise en place des chaudières à charbon.

La mare au Punch

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La mare au Punch a été le théâtre d’un événement majeur qui a marqué l’imaginaire marie-galantais et donné son nom à la mare. Cette mare faisait partie intégrante de l’habitation Pirogue.

L’événement intervient dans la nuit du 24 au 25 juin 1849 soit une année après l’abolition de l’esclavage lors de la première élection législative à laquelle participent les nouveaux affranchis. Deux listes antagonistes s’opposent alors : celle de Victor Schœlcher et Perrinon, abolitionnistes et celle de Bisset et Richard, soutenus par Théophile Botereau Roussel Bonneterre, vieille famille de Marie-Galante, propriétaire de l’usine de Pirogue mais aussi maire de Grand Bourg campagne.

Au cour de l’élection Jean-François Germain, ancien esclave, affranchi, se rend compte d’une supercherie dans les bulletins de vote. Les seuls bulletins distribués aux nouveaux affranchis illettrés, n’étaient qu’au nom de Bisette et Richard, partisans du maire en place.

En représailles, la mairie de Grand Bourg est brûlée. La population déverse dans la mare, toute la production de sucre et de rhum de l’usine de Pirogue d’où l’appellation « mare au Punch ». Le maire et sa famille prennent la fuite.

Source MG 360

Un procès retentissant, infligera des peines de prisons importantes, aux affranchis s’étant révoltés, considéré aussi à juste titre par l’ensemble de la population comme une injustice criante eu égard à la manipulation des anciens colons. Cette histoire reste transmise de générations en générations.

Nous terminons donc le tour de cette île attachante à plus d’un titre et espérons vous avoir donner l’envie de la découvrir car elle mérite aussi le détour.

Que les Antilles sont riches ! A Chaque île, une découverte et un émerveillement supplémentaire…

Prochaine destination : Petite Terre !

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