On a repris contact avec la découverte en mode voyage, enfin !!!
Dès notre arrivée à Saint-Martin, une sensation de surprise nous envahit. Cette île partagée entre deux pays, la France et les Pays-Bas, où cohabitent plus de 120 nationalités, offre un fascinant mélange de cultures et résilience après les cyclones Irma et Maria. Une île riche en contrastes, entre nature préservée, développement touristique. Un côté Walt Disney avec Maho Beach et ses avions rasant la plage, un autre bien plus sauvage et authentique.
L’essentiel du marin :
Mouillages :
Baie de Marigot : souvent encombrée et diminuée avec l’installation d’un parc de bouées payantes
Baie de Galisbay : si la houle est trop forte, plus sympa avec petite plage.
Grand Case : Très agréable par temps calme
Ilet Pinel : mouillage de jour
Caye Verde : en face des clubs de nudistes pour les adeptes mais joli et protégé de la houle par une petite barrière
Tintamarre : Un peu plus isolée, avec de superbes plongées. Magnifique !
Avitaillement / Laverie :
Super U de Marigot 5’ à pied au départ du ponton annexe à côté de la gare maritime ou par la plage de Galisbay. Possibilité de livraison gratuite au ponton annexe (Achat en J pour Livraison en J+1 à valider avec l’accueil). Laverie grosses capacités juste sur le parking avant l’entrée du Super U.
Shipchandlers :
Budget Marine et Island Water World (ponton annexe juste devant) à Marigot ont tout ce qu’il faut pour des réparations en urgence ou pour l’entretien courant.
Carburant et Gaz :
Gasoil à 1.2€ accessible en voilier ou en annexe juste devant Island Water World
Recharge gaz possible par l’intermédiaire d’Island Water World, (dépôt en J pour retour en J+1) ou société juste à côté de super U
Clearance :
Côté français à Marigot, ou côté hollandais à Simpson Bay. Bien vérifier les horaires des douanes avant de vous y rendre.
Zone détaxée :
SMX est une zone détaxée
Possibilité de commander des pièces en HT en Europe ou États Unis et de se faire livrer chez des transporteurs sans droit de douanes
Chantier nautique :
Chantier à sec de la lagune envahi de moustiques mais avec toutes commodités accessibles à pied.
Location de Voiture :
40 € à 50 € pour 1 journée au départ de Marigot ou de Grand Case (à côté de l’aéroport)
Pour nous accueillir, notre première trombe marine …Apparue et disparue en à peine quelques minutes
Impressionnant !

Marigot, premier mouillage et retrouvailles entre marins !
Arrivés depuis peu, nous ne connaissons de l’île que La baie de Marigot et celle de Galisbay. Deux mouillages emblématiques de Saint Martin, où nous retrouvons beaucoup de bateaux copains, car ici, c’est la possibilité d’accès à un vrai avitaillement, à des chantiers, shiphandlers et professionnels de tout poil pour réaliser un refit bateau à des tarifs plutôt compétitifs, le tout à portée d’annexe !
En panne de pilote et en attendant l’arrivée du nouveau, nous avons tout le loisir de profiter des retrouvailles. Visite de Cat Kairos, en plein refit de leur catamaran au chantier dans la lagune.

Initiation à la pêche aux poissons lions avec Manu et Carine de CREA. Mise en pratique avec Anne de Silverfish dans la magnifique anse de Grand Case. Exploration des fonds avec une délicieuse étrille pour Charles et de jolies pépites remontées par Camille. Bref, la belle vie, mais il est grand temps passer à terre.
Grande Case c’est aussi les Mardi soir de Grande Case avec tous les Lolos et la fête assurée mais nous loupons le dernier de peu. Grande Case c’est aussi les avions qui atterrissent au ras des toits des maisons.








Marigot n’est pas seulement un point stratégique pour les marins, c’est aussi une ville pleine de vie. Un bourg d’environ 10 000 habitants, qui doit son nom aux nombreux marécages (marigots) qui s’y trouvaient autrefois. À peine un pied à terre, nous voilà plongés en plein marché. Directement situé sur le front de mer, il propose saveurs et couleurs tous les jours de la semaine, sauf le dimanche. Un grand nombre de stands d’artisanat local et de vêtements sont installés dans une petite arène à côté des cases créoles où des marchands de fruits-légumes locaux et d’épices sont installés aux côtés des poissonniers.




En parcourant la ville, nous dénichons des pépites pour nos papilles. Entre autres caves à vins et épiceries fines, nous sommes séduits par la boucherie Concordia. Une institution depuis près de 30 ans, avec un rapport qualité / prix imbattable et une équipe familiale extra. Nous y dénichons à notre plus grand étonnement, nos andouillettes favorites « enfilées à la main », de la maison Bernier (https://charcuterie-bernier.fr) ! Et puis, nous nous offrons quelques plateaux de fromages du « Comptoir des fromages » qui, malgré un choix limité, propose des produits d’une qualité exceptionnelle, en importation en directe par avion…Un petit passage charcuteries à Autour de la ferme de Salset, avec son cochon en devanture, nous fais découvrir la pluma et me mets en selle pour la fabrication de magrets séchés à bord de Boomerang, recette en fin d’article. Bref, vous l’aurez compris, St Martin nous a séduite par la qualité d’un avitaillement haut de gamme, dû au passage de nombreux super yachts à fort pouvoir d’achat…



Fort Louis
Si de notre point de vue, Marigot ne représente que peu d’intérêt architectural, hormis quelques anciennes maisons coloniales rue de la République, nous avons adoré les ruines du Fort Louis. Construit en 1789, au sommet du piton rocheux qui domine Marigot, pour protéger les entrepôts de canne à sucre, de sel et de rhum, le fort offre une vue à 360° sur la ville et la baie. Aujourd’hui, il n’en reste pas grand-chose, mais gravir ses 91 marches en vaut vraiment la peine. On vous conseille d’y aller tôt le matin pour grimper à la « fraîche » ou au coucher du soleil pour un apéro mémorable.





Marigot en mode urgence ou la bonne 🌟 de Camille
Parce qu’il faut partager nos expériences de vie aussi, nous avons découvert Marigot sous un angle inattendu. Si la plupart du temps, les problèmes de santé à bord se limitent à de la bobologie, parfois, ça peut tourner au drame. Où que l’on soit c’est la roulette russe : on ne choisit ni lieu, ni date, alors il faut que celui-ci tombe au bon endroit et au bon moment ! Pour le coup, Camille est bien tombée avec Saint Martin !
Alors que nous devions être aux BVI depuis quelques jours, Camille fait une appendicite avec péritonite localisée…un truc assez banal en Europe, mais somme toute assez compliqué et potentiellement dangereux à gérer dans un contexte de voyage.
Les urgences de Marigot et le service de pédiatrie de l’hôpital, se révèlent alors d’une réactivité et d’un professionnalisme exceptionnels. Et que dire de la gentillesse avec laquelle Camille, comme nous, parents, y avons été accueillis. Mille mercis à toute l’équipe ainsi qu’aux copains bateau qui nous ont permis de nous organiser pendant ces 5 jours bien stressants.

Avant et après l’op 🥲
MDR avec le bronzage 🤣


Après deux opérations avec anesthésie générale et 5 jours d’hospitalisation, notre Camille est de retour à bord. Une expérience de vie pour elle, (lui faisant malheureusement découvrir la forte douleur physique, mentale et morale), qu’il faut absolument positiver et transformer en quelque chose de constructif.
Il est difficile de tout prévoir et certains diront qu’il ne faut pas essayer. Pourtant, cette aventure nous rappelle qu’en voyage, deux questions méritent d’être posées :
L’accès technique aux soins ?
L’accès financier aux soins ?
Le premier peut être quasi absent et le deuxième peut être juste inaccessible.
On va de nouveau méditer sur ce sujet pour nos prochaines pérégrinations dans des endroits plus isolés.
En attendant pour tous ceux qui veulent faire un bilan santé avant une Transpacifique, Marigot s’avère être un bon plan santé, avec une multitude de spécialistes et peu d’attente pour les rendez-vous).
Saint Martin en mode « terrien »
Camille ne pouvant se baigner pendant quelques semaines, nous décidons d’une pause terrestre pour découvrir les trésors que recèle Saint Martin. Nico et Anne de Silverfish, nous servent de guides. Un tour sur 1 journée dans le sens horaire, au départ de Grand Case, petit village de pêcheurs devenu célèbre pour ses restaurants de plage.
Le coté français : véritable écrin de verdure de plus de 3000 hectares !
Depuis plus de trente ans, la France a classé, une immense zone en Réserve Naturelle. Plus de 3 000 hectares et 11 km de côtes sont ainsi protégés et présentent un caractère remarquable par leur biodiversité. Ainsi, les cinq principaux écosystèmes de l’île, les récifs coralliens, les mangroves, les herbiers de phanérogames, les étangs et la forêt sèche littorale sont veillés et couvés par le gouvernement français. Les pluies de ces derniers mois, plus abondantes qu’habituellement, nous offrent une ile à la végétation rase mais bien verte comparée au caillou gris qu’on a souvent l’habitude de voir en cette période.

L’Anse Marcel et sa marina de luxe
Une baie magnifique entourée de collines verdoyantes, où Albert Fleming, ancien maire de la partie Française, a décidé de créer dans les années 80 un complexe hôtelier avec marina haut de gamme, conjuguant tourisme de plaisance et préservation de l’environnement. Le résultat est plutôt réussi mais la fréquentation ne semble pas être au rendez-vous.



L’anglais omniprésent : Un 20ieme siècle sous influence américaine et britannique
Au fur et à mesure de notre escapade sur l’île, nous sommes frappés par l’omniprésence de l’anglais. Pas un commerce sans son appellation anglaise ; les boulangeries sont appelées « Backery »… Les caissières, vous répondent en anglais… Ce phénomène trouve ses racines dans l’histoire contemporaine, et plus particulièrement celle des deux guerres mondiales, quand presque tous les jeunes hommes ont dû partir travailler à Curaçao (pétrole), en République dominicaine (canne à sucre), aux Îles Vierges des États-Unis ou aux États-Unis. Ils reviennent alors au pays anglophones et sous influence nord-américaine. Après les défaites des armées françaises et néerlandaises, l’ile est occupée par les britanniques en 1940, l’anglais devient langue officielle, aux côtés du français et du néerlandais.
Grand Cul-de-Sac, et l’origine de Soualinga
En longeant la côte, nous arrivons au Grand Cul-de-Sac, un endroit où mangroves, petits îlots et eaux turquoise se mêlent pour créer une ambiance de sérénité. L’Îlet Pinel et la Caye Verte sont des petits joyaux qui semblent figés dans le temps.
Cet écrin, est sans doute le berceau de la colonisation de l’île par les Arawak arrivés en pirogues depuis le bassin de l’Orénoque, au Venezuela et les côtes de la péninsule du Yucatan. Des vestiges archéologiques retrouvés dans la baie attestent de leur présence dès -500 ans avant JC.
Grand Cul de Sac avec ses eaux calmes et poissonneuses leur offrait le gîte et le couvert, pourtant c’est la présence des salines naturelles découvertes à proximité qui a forgée le début de l’histoire de l’île. Le sel, utilisé dans la conservation des aliments est devenu une véritable manne dans un commerce entre les différentes îles des caraïbes. Saint Martin était alors dénommée « Soualinga », l’île au sel. Cette découverte va marquer l’histoire de Saint Martin, cette manne blanche restant jusqu’au début du XXème siècle une des principales ressources de l’île.




Oyster Pond et Babit Point : une frontière entre deux mondes
Nous atteignons Oyster Pond, qui marque la frontière naturelle entre la France et les Pays-Bas.
Au sommet de Babit Point culminant la baie, nous touchons du doigt, la différence des politiques de développement et de soutien des deux pays européens dans une île des Caraïbes. Les ravages des cyclones Irma et Maria sont encore visibles, mais les stratégies de relèvement de chaque côté de l’île révèlent des priorités bien différentes.
La marina du port, pourtant abritée, témoigne de la violence des éléments. A l’instar d’un complexe touristique de bord de plage face à Caye verte, beaucoup d’investisseurs ont profité de la manne touristique, sans pour autant juger bon de d’assurer. Sans ce sésame, ils n’ont donc pu bénéficier des indemnisations…



De « Soualinga », la convoitée, à la « Friendly Island »
Pendant plus un millénaire les Arawaks prospèrent. Soualiga attise les convoitises. Envahis par le peuple anthropophage Caraïbe, ils sont décimés. Ces derniers y règnent en maîtres jusqu’à l’arrivée des Espagnols, qui la revendique comme territoire, dès sa découverte par Christophe Colombes, le 11 novembre 1493, jour de la Saint-Martin.
C’est la grande époque des corsaires, des flibustiers et les débarquements successifs de populations, dont des français et des hollandais, qui veulent s’accaparer les dépôts salins de l’île, amorçant l’histoire très singulière de Saint-Martin. La colonie étant peu profitable, les Espagnols quittent l’île définitivement en 1648, la laissant déserte. Français et Hollandais se jettent alors dans la bataille pour sa reconquête, mais aucune des deux parties n’arrive à faire céder l’autre sans déclencher une guerre ouverte et engager de nombreux moyens dans la bataille.
Le traité Concordia ou le manteau de Saint Martin.
Jamais Christophe Colon n’aurait pu imaginer qu’en nommant l’île Saint Martin, ce serait presque prémonitoire… Comme pour le manteau du Saint, le 23 mars 1648, en signant le Traité du Mont des Accords ou de Concordia, Français et les Hollandais se partagent l’île.

L’histoire raconte que le partage eut lieu grâce à deux marcheurs, partis chacun dos à dos, ils devaient marcher en suivant le littoral, dans une direction opposée. Les Français obtinrent la partie nord (54 km²), les Hollandais la partie sud (34 km²). Saint-Martin s’inscrivit dès lors, dans le respect mutuel des nations, aucune frontière physique ne devait demeurer entre les deux nationalités.

Aujourd’hui, Il n’existe toujours pas de frontière matérialisée, seul un mémorial érigé en 2008 pour les 360 ans du traité commémore cet accord. La circulation des biens et des personnes est donc entièrement libre. Cette spécificité vaut à Saint Martin le surnom de « Friendly Irland »

Le coté hollandais, genèse d’une frénésie immobilière
2017 avec Irma : Saint martin est marquée au fer rouge
Des deux côtés de la frontière, l’année 2017 marque au fer rouge, l’histoire de Saint-Martin. Pour l’ensemble de la population, il y a désormais « l’avant Irma » et « l’après Irma ». Depuis cette date, les acteurs locaux ont redoublé d’efforts pour reconstruire durablement le bâti et nettoyer les sites naturels étouffés par les matériaux de construction et le sel. Les efforts ont payé et l’île a retrouvé sa splendeur. 5 ans, ont passés. Le tour de l’île que nous faisons, nous donne la pleine mesure du temps qu’il faut pour reconstruire.
Sint Martin : Destination soleil des années 60
Un peu sidérés par la multitude des constructions qui continuent de fleurir depuis plus de 60 ans côté hollandais, nous avons cherché à comprendre !
Si la France s’est démarquée de la frénésie de bétonnage de ses voisins et a surfé sur une stratégie de développement de tourisme vert, allant à l’encontre de la politique de reconstruction menée par les hollandais, c’est avant tout parce qu’elle ne pouvait pas combler son retard colossal en matière d’infrastructures touristiques.



Pour comprendre la frénésie de bétonnage côté hollandais, il faut se replonger dans l’Amérique des années 60, qui aspire à un nouveau mode de vie, mêlant liberté d’expression et liberté des corps à s’exposer. Sint Martin idéalement exposée et desservie par son aéroport exploite le filon au maximum. Tendance qui s’intensifie dans les années 80, avec un dollar très fort.

Aéroport Princess Juliana, un héritage américain

L’heure du déjeuner approchant, nous nous dirigeons vers l’aéroport hollandais de Princess Juliana. Construit en 1943, par la marine américaine, en raison de son positionnement stratégique dans les caraïbes, il devient une importante base aérienne pour les États-Unis. Cet héritage de la seconde guerre mondiale sort Saint Martin de son isolement. C’est une période faste pour beaucoup de commerçants qui font fortune en écoulant des produits divers en Guadeloupe et en Martinique. Port franc depuis 1850, l’ile est une plaque tournante du commerce avec le tourisme comme première activité. Un endroit à part, mi-paradis fiscal avec ses conditions douanières spécifiques et une imposition relative.
Pendant et après la guerre, les échanges commerciaux s’intensifient avec les États-Unis, qui deviennent l’unique fournisseur de l’île, demeurant aujourd’hui un des principaux fournisseurs des importations, notamment pour des pièces de nombreux bateaux.
Aujourd’hui l’aéroport est devenu une des principales attractions touristiques de l’île, souvent mise en avant sur le net. La piste d’atterrissage de l’aéroport Princess Juliana, situé côté hollandais, longe la baie de Simpson. Les appareils effectuent leur phase d’approche finale à très basse altitude en survolant la plage de Maho Beach et une route à double sens qui jouxte la piste. À l’arrivée (ou au décollage), les avions volent si bas que l’on distingue très bien les pilotes ! Une foule de vacanciers assistent au spectacle juste en dessous.
Un peu récalcitrants à l’idée de se faire asperger de sable et d’hydrocarbures, nous avons fait la version « soft » en déjeunant au Sunset Café dont la terrasse offre une vue directe sur le phénomène. Une valse d’avions de ligne a rivalisé avec les jets privés de toutes tailles. Un truc rigolo à faire.
Philipsburg, véritable croisette
Nous traversons en voiture la capitale hollandaise, Philipsburg, avec ses maisons à l’architecture hollandaise aux couleurs chatoyantes, ses boutiques de luxe, son parcours et golf et son casino. Ici tout est mis en œuvre pour contenter aisément le tourisme de masse déversé par d’énormes paquebots de croisière… Ça n’est pas vraiment notre tasse de thé, mais nous en profitons pour nous y rafraîchir, le temps d’une pause glacée sur le remblai.









Nous terminons notre tour par la célèbre plage de Baie Rouge. Un havre de paix, où nous rêvons de mouiller lors de notre prochain passage. Car oui, c’est sûr, nous reviendrons à Saint Martin, et pas seulement pour y faire ripaille, mais aussi pour retrouver notre coup de cœur sur l’Ile : Tintamarre.

Tintamarre, le paradis d’un Robinson
Nous avons enfin reçu notre pilote et profitons des quelques 3 milles à parcourir pour rallier l’îlet voisin de Tintamarre pour le tester. Nous y rejoignons nos copains bateau Marrant et Sylverfish pour un BBQ.

Nous avons mouillés à Baie Blanche, une jolie plage aux eaux cristallines, seul mouillage autorisé. Cet îlet, aujourd’hui inhabité, devenu propriété du Conservatoire du Littoral, est en effet rattaché à la réserve naturelle de Saint Martin.



En quittant la plage pour une balade matinale avec Laura et Pol, difficile d’imaginer qu’en 1902, environ 150 personnes vivaient sur l’îlet ! Il a en effet, eu ses heures de gloire, fin 19ieme début 20ieme. Un hollandais y avait alors lancé toute une économie autour de la culture du coton, de l’élevage de moutons, de vaches, de volailles et de la fabrication de beurre et de fromages. Il exploitait aussi les roches calcaires et des blocs de corail qu’il exportait à Saint-Martin pour la fabrication de la chaux, seul ciment disponible à cette époque. Une ruine, les vestiges d’une voie ferrée et de nombreux murets témoignent encore de cette exploitation.
Mais que dire en découvrant que ce petit bout de terre de seulement 1,2 km2 a également servi de base aérienne pour une petite compagnie appelée Compagnie Aérienne Antillaise (CAA) !!! Une piste de 500 mètres de long, en terre, permettait d’assurer les vols entres les îles voisines. Tintamarre était alors occupée par une vingtaine d’habitants qui veillaient au bon fonctionnement de la base. À la suite de quelques accidents aériens, la base a fermé ses portes en 1952, laissant la nature reprendre ses droits.

Sur la côte au vent, nous découvrons une plage constituée de galets coralliens, dévoilant un lagon sauvage protégé par une barrière de corail, véritable nurserie pour de nombreuses espèces de poissons et coquillages…



En bref, un vrai coup de cœur pour ce petit paradis si bien nommé par les espagnols « tinta mare » (couleurs de la mer). Nous nous régalons de ses falaises ocres, son lagon turquoise et son sable blanc…



Ce n’est qu’un au revoir
Mais comme toute bonne chose a une fin, il est temps de partir, une belle fenêtre météo s’annonce, il faut en profiter. Nous passons notre dernière soirée à Saint Martin avec nos fidèles amis de Cat Kairos, à peine remis d’une épidémie familiale de dengue. Malgré mes suppliques répétées, nos routes se séparent ici. Soirée au top comme d’habitude. Nos amis du Cap vert tracent la route vers la Polynésie. Séquence émotion assurée.

Encore merci à toi, Ruben pour ce magnifique spécimen de Cassis Cornutaa (casque cornu), qui trône déjà dans notre maison de Deshaies. 😘

Bref Saint Martin est vraiment surprenante, un côté pile, un côté face, aux antipodes des autres îles antillaises françaises. En première intention ce n’est pas véritablement un coup de cœur, mais force est de reconnaître qu’on ne peut rester insensible face à cette complexité culturelle, sociologique, patrimoniale et sociétale.
BONUS POUR LA FAIM
Magrets de canard séchés comme là bas (Sud Ouest) !
Ingrédients :
3 magrets crus (environ 350 à 400g pièce)*
du gros sel de Guérande
du poivre noir moulu (2 cuillères à soupe)
2 cuillères à soupe de 4 épices caraïbes (ou toutes autres épices ou herbes moulues)
Instructions :
- Retirer l’excès de graisse et les fines peaux blanches sur les magrets. Les rincer sous l’eau et les sécher consciencieusement avec du papier absorbant.
- Verser 1 cm de gros sel dans un plat, y déposer les magrets et les couvrir du reste de sel. S’assurer que toutes les faces soient en contact avec le sel. Couvrir le plat d’un film étirable et réserver au frigidaire pendant 12 à 14 heures (plus si vos magrets sont plus gros).
- Au bout des 12/14 heures, retirer les magrets du sel. Ils devraient avoir durcis. Jeter le sel. Rincer les magrets à l’eau, les essuyer avec du papier absorbant. Au dessus d’un torchon propre les frotter avec du poivre et les épices sur toutes les faces. Fermer le torchon et les placer au frigidaire pendant 3 jours. Les retourner 1 à 2 fois par jour.
- Le temps passé, les sortir du torchons passer un fil de cuisine et faire une attache pour les pendre dans un endroit sec et ventilé. Laisser sécher les magrets 10, 15 jours ou plus selon les goûts. En séchant, les magrets vont « fondre », prévoir un réceptacle pour les graisses.
- Au moment de servir, frotter le magret avec du papier absorbant et découper de fines lamelles côté graisse sur le dessus.

