Les BVI : Iles Vierges Britanniques : le paradis de la voile !

Scroll down to content

Les Îles Vierges Britanniques (BVI) ne sont pas seulement une destination paradisiaque, ce sont aussi un véritable terrain de jeu pour les marins. À l’instar de notre Golfe du Morbihan, mais en beaucoup plus grand et avec des eaux à 28 degrés ! Cet archipel offre des conditions de navigation idéales : des passages inter-îles courts, des vents réguliers, des courants à apprivoiser, et une mer tantôt paisible, tantôt joueuse.

source guide du routard

Ajoutez à cela des mouillages de rêve, une eau turquoise propice au snorkeling et quelques spots mythiques pour les amateurs de plongée… Les BVI ont tout pour séduire les voyageurs à la voile.

Pendant trois semaines, nous avons sillonné ces eaux translucides, exploré ses petits bouts de terre aux histoires fascinantes et partagé des moments inoubliables avec nos compagnons de navigation. Des histoires de pirates, des épaves mythiques et des lagons à couper le souffle.

Virgin Gorda : les premiers pas aux BVI et les Bains du Diable 

Arrivés de Saint-Martin par les Virgin Sound, notre premier contact avec les BVI s’est fait à Virgin Gorda. Nous y retrouvons notre fidèle copain bateau Maeva (3ans déjà 😉) qui nous présente deux copains bateaux avec des ado en prime : les catanas Nirvana et Orion, respectivement 50 et 90 pieds. 

Après les formalités à Spanish Town, nous retrouvons la troupe à The Baths, un chaos granitique sculpté par le temps. Ce labyrinthe de rochers géants, formé par d’anciennes poches de magma, est une curiosité géologique unique. Selon la légende, ces formations rocheuses seraient l’œuvre du diable lui-même, venu y déposer ses bains de lave avant de les abandonner aux flots. Aujourd’hui, ce n’est plus un enfer, mais un véritable paradis : passages secrets entre les rochers, piscines naturelles d’un bleu irréel et jeux d’ombres sous les arches minérales. 

Avec nos bateaux copains, nous avons exploré chaque recoin de ce labyrinthe aquatique, entre fous rires, grimpe et émerveillement.

 

Cooper Island et l’épave du RMS Rhône : plongée dans l’histoire (et dans le rhum)

Cap vers le sud en longeant les îlots de Fallen Jerusalem et Ginger Island, petits bouts de terre inhabités. Cooper, elle, est connue pour son eco-resort chic, sa brasserie artisanale et son chocolat maison (oui, vraiment !).

Mais le clou du spectacle est sous l’eau : la célèbre épave du RMS Rhone. Ce paquebot britannique qui coula en 1867 avec une bonne partie de son équipage, verrouillé dans ses cabines par un capitaine trop confiant…Résultat : un des sites de plongée les plus hantés des Caraïbes.

Je n’ai pas plongé (bouteille) depuis presque de 20 ans, mais avec la complicité de Nirvana, une remise à niveau orchestrée par Bernie, je tente l’aventure. L’épave colonisée par les coraux et les poissons offre un spectacle saisissant. Entre coursives ouvertes et pièces de moteur fantomatiques, on distingue encore une ancre massive et une cloche rongée par le temps. 

Petit pit stop sur à la plage du célèbre bar Cooper Island Beach Club qui propose une belle sélection de rhums vieux, histoire de digérer l’émotion…

Salt Island : Entre lagon et larmes de sel

Nous faisons escale sur Salt Island, qui tire son nom de ses anciennes salines exploitées par une poignée de familles qui payaient à une époque, leur loyer à la Couronne britannique… en sacs de sel !

Aujourd’hui abandonnée, elle garde les traces de son passé : des bassins évaporés, des ruines de maisons et, sur la plage, une tombe toute récente, où repose un des derniers habitants de l’île si attaché à ce bout de terre. L’endroit est à la fois paisible et chargé d’histoires.

Nous partons en exploration sur les traces des sentiers de chèvres. Depuis le sommet, la vue sur la barrière de corail à l’est est époustouflante. Une mosaïque de bleus, où le lagon se brise en écume contre les récifs extérieurs. Les panoramas s’enchaînent et dévoilent leurs trésors et les anciens marais.

 

Tortola : courses, gaz et paradis fiscal

Après ces jours d’exploration entre lagons et épaves, il était temps de recharger les cales. En convoi avec Maeva, nous mettons le cap sur Tortola, la capitale des BVI. Nous mouillons dans l’avant port face aux géants croisiéristes.

À Road Town, tout est à portée de main : shipchandler, station essence (avec rechargement de bouteilles de gaz), supermarchés (supermarché Rite Way propose une navette gratuite pour transporter les courses jusqu’aux annexes), épiceries fines (spécialistes du Bitlong), cave …le tout à condition d’avoir un gros budget.

Tortola, c’est aussi le cœur du paradis fiscal des BVI qui concentre 41% des immatriculations des sociétés offshore mondiales, rien que ça ! Le coût de la vie y est très élevé, nous donnant l’impression de payer notre poids en or à chaque addition.

Peter Island : festin marin et soirée sous les étoiles, la troupe s’agrandit 

Peter Island, c’est une pépite sauvage où la nature reprend ses droits depuis la fermeture du luxueux resort qui occupait l’île. Ici, pas de marina tape-à-l’œil ni de restaurants hors de prix : juste des plages désertes, des sentiers escarpés et une impression d’être seuls au monde. Nous retrouvons toute la troupe, ainsi qu’un nouvel équipage américain, Texas Moon, avec Shon, Suzanne et leur fille Reese. 

L’escale commence sous le signe de la pêche : Charles nous dégotte sur les rochers des burgots (gros bulots tropicaux), tandis que César et Bernie traquent les lambis dans les eaux cristallines. La récolte est bonne, et le premier barbecue sur les galets s’annonce prometteur.

En fin d’après midi, juste pour l’heure de l’apéro, un nouveau voisin jette l’ancre : Giliss, un catamaran de voyage avec cerise sur le gâteau : quatre ados à bord ! En quelques minutes, une soirée improvisée prend forme. Les adultes sur Boomerang, les jeunes sur Giliss – chacun son bateau, chacun son ambiance.

L’apéro se transforme en banquet marin : César nous régale avec sa salade de poulpe, pendant que nous honorons la pêche du jour avec des lambis fris, les « Bahamian Cracked Conch » et les burgots mayo, copieusement arrosés, évidemment. Très vite, la musique prend le relais, et le cockpit de Boomerang devient une piste de danse improvisée sous les étoiles.

Entre les rires, les assiettes qui se vident et la mer qui clapote doucement contre la coque, la soirée s’étire, inoubliable. 

Ici, pas de chichi, pas de décor surfait, juste l’essence même du voyage en bateau : des rencontres, du partage et l’instant présent

 

Norman Island : Fête flottante et anniversaires sous les tropiques

Cap sur Norman Island, célèbre pour avoir inspiré L’Île au Trésor de Stevenson. Mais ce soir, c’est un autre trésor que nous sommes venus célébrer : l’anniversaire de Reese, au légendaire Willy T, un bar flottant ancré dans la baie, véritable institution… bref, un passage obligé.

Plongeons audacieux depuis le pont supérieur, cocktails Painkiller à la main, accompagnés de tapas locaux, musique qui résonne sur l’eau… La fête est totale !

Et comme une célébration en appelle une autre, nous convions toute la troupe le lendemain pour les 16 ans de Camille qui méritent bien un BBQ de compétition, plage de White Bay. 

Pendant que je m’active au fourneaux, sortie snorkling dans des grottes pour les kids et les autres.

Sur la plage, on met les petits plats dans les grands, histoire de marquer le coup : accras de morue faits sur place, grillades au feu de bois, et une table improvisée sous les cocotiers.

La sieste pour Kevin !

Mais pour le dessert, la pluie s’invitant au programme, impossible de transporter les tartes au citron, meringues, panna cota et fondants au chocolat préparés à bord… Alors tout le monde est convié sur Boomerang pour souffler les bougies.

Max assure avec la vaisselle 🙏

Résultat ? 23 personnes à bord, un record absolu, un anniversaire dont Camille se souviendra longtemps.

Jost Van Dyke : White bay : Naviguer entre les coraux et les cocktails légendaires

Cap sur Jost Van Dyke, une belle navigation en duo avec Maeva, à la frontière des USVI. Séance shooting réciproque

L’arrivée à White Bay est délicate : le passage dans la barrière de corail qui borde la plage aux eaux peu profondes, n’est accessible que par deux passes.

Une navigation délicate où nos amis de Texas Moon s’y essayent… avant de rebrousser chemin après une heure de galère et un morceau de corail coincé dans leur ancre. Ils rejoindrons finalement, le géant Orion mouillé tranquillement à Great Harbor, à une encablure de White Bay.

Une fois à terre, nous testons le Soggy Dollar Bar,

Mais l’appel du Soggy Dollar Bar, qui aurait inventé le célèbre Painkiller, est plus fort que tout, toute la troupe s’y retrouve au coucher du soleil pour déguster son fameux Painkiller. L’endroit est charmant, bien que clairement taillé pour le touriste américain en quête de “Caribbean vibes” bien marketées : jeux de plage et ambiance décontractée au milieu des touristes américains.

Les jeunes improvisent une soirée volley-ball au coucher du soleil.

 

Au matin. Instants techniques pour Maeva, en panne d’anémomètre (steph s’y colle). Arrivée de Giliss nous avec les cousins anglais. Entraide pour sortir un quetch suédois pris dans les cailles.

La baignade et le snorkeling ne donnent rien ? Pas la moindre queue de langouste.🥵

Pour remonter le moral des troupes, on improvise un apéro sur la plage au Free Stress Bar. Beach-volley, chamboule-tout et Puissance 4 s’enchaînent, avant une soirée karaoké mémorable.

 

Pendant que les adultes trinquent, les ados filent au Foxy, où ils enflamment la piste avec un DJ local et d’autres jeunes Américains en goguette.

 

Little Jost Van Dick : Diamond Cay : Bubble Pool, snorkling et 14 bougies sous une nuit étoilée !

Notre dernière escale sur Jost Van Dick est un bijou. La baie de Diamond Cay où nous jetons l’ancre porte bien son nom !

 

Outre ses fonds magnifiques, ici, la principale attraction est le Bubble Pool, une curiosité naturelle où les vagues de l’Atlantique s’engouffrent entre les rochers pour créer un jacuzzi naturel. Timing parfait pour une randonnée commune, nous y arrivons à marée montante, quand les remous sont les plus impressionnants.

Ce soir nous fêtons l’anniversaire de Lila à bord de Giliss et nous régalons notamment de merveilleuses gougères et d’un magnifique gâteau de Selene !

Le lendemain est placé sous le signe de la chasse sous-marine dans la baie avec Shon et Suzanne, et ramenons quelques lambis à bord pour un cours sur l’ouverture des lambis qui se finira à la disqueuse ! Décidément j’ai perdu la main…🤣

 

Anegada : Cimetière des caraïbes et nid à langoustes.

Rallier Anegada, nous contraints à remonter au près… Nous tirons des bords sur des eaux turquoises en slalomant entre de à magnifiques navires comme on n’en fait plus.


Une navigation inconfortable en direction l’île la plus plate des BVI, dont les faibles contours ne seront visibles qu’à la toute fin.

Anegada, est l’unique île corallienne des Îles Vierges Britanniques. Elle se distingue de ses voisines volcaniques par son relief plat et ses plages de sable blanc immaculé. Mais ce qui fait surtout sa réputation, c’est la barrière de corail qui l’entoure, la quatrième plus grande au monde, redoutée des navigateurs depuis des siècles.

La Horseshoe Reef, qui s’étend sur près de 30 kilomètres, est un véritable labyrinthe sous-marin. Ses pinnacles de corail acérés, ses lagons peu profonds et ses courants parfois traitres en font une zone de navigation délicate, où les cartes nautiques ne suffisent pas toujours. Au fil des siècles, plus de 300 navires y ont fait naufrage. Pas étonnant qu’Anegada ait hérité du surnom de « cimetière des Caraïbes »… 

Nous suivons donc avec attention le chenal d’entrée qui nous amène à notre mouillage.

Nirvana nous rejoint en fin d’après midi, nous les invitons à bord pour une fondue bourguignonne dont ils se souviendront toute leur vie et pas que pour la bonne chair !

Screenshot

Dans la nuit le ventilateur du congélateur a fait un court circuit et pris feu. Rentrés depuis peu, c’est le crépitement du feu qui a intrigué César. 3 extincteurs plus tard, le feu est maîtrisé, ils ont frôlé la correctionnelle. Pas de blessés et bateau sauvé, mais dans le cockpit c’est Beyrouth 

Nous les rejoignons la matinée pour les aider à évacuer et pour un grand nettoyage 🧽  🧹  🧼, non sans avoir fait le tour de nos ventilos. 

Petite balade à terre pour se dégourdir et se faire une idée de cette île singulière.

Si la Horseshoe Reef est un piège pour les bateaux, c’est en revanche un paradis pour la faune sous-marine. Ses eaux cristallines abritent des colonies de langoustes impressionnantes, ainsi que des raies, des requins nourrices et une incroyable variété de coraux vivants. 

Pour faire passer les émotions, nous sommes conviés à un festin de langoustes arrosées au Painkiller, qui n’a jamais aussi bien porté son nom !

 

Prickly Bay, Saba Rock et Biras Hill : un dernier toast aux BVI

Après des semaines à sillonner les BVI, Prickly Bay, nichée près de Saba Rock, sonne comme une dernière escale festive avant de lever l’ancre vers de nouveaux horizons.

C’est mon anniversaire. Et ici, pas de gâteau à la crème, mais lambis et langoustes,  accompagnées d’une bande de copains en or suffisent amplement.

Pour marquer le coup, Kevin nous invite à lever nos verres sur Orion, son montre des mer, un Catana de 90 pieds, le plus grand jamais construit dans sa catégorie. Une fois à bord, difficile de ne pas être impressionnés par ce palais flottant. C’est très grand, hyper confort…trop grand pour nous. 😂

On finit par rejoindre les enfants qui profitent d’une énième partie de billard au fameux Saba rock, qui était dans les années 60, le repaire du plongeur et chasseur d’épaves Bert Kilbride. 

Surnommé le « dernier pirate des Caraïbes », il s’installe sur Saba Rock et en fait la base de ses explorations sous-marines.

Passionné par les trésors engloutis, il passe des décennies à fouiller les épaves autour des BVI, notamment celles du HMS Rhone et des nombreux navires naufragés sur le Horseshoe Reef d’Anegada. 

Son îlot devient vite un haut lieu de la plongée sous-marine, attirant explorateurs, navigateurs et aventuriers en quête d’histoires de pirates et de trouvailles sous-marines. 

Au fil des ans, Saba Rock évolue : de cabane de plongeur, il devient un bar-restaurant légendaire, puis un hôtel boutique chic prisé par les plaisanciers et les touristes en quête d’une escale idyllique. 

Aujourd’hui, après plusieurs rénovations, Saba Rock reste une escale incontournable des BVI, mêlant histoire, luxe et esprit marin dans un décor de carte postale.



Le lendemain, nous chaussons nos baskets pour une petite randonnée magique à Biras Hill. Ce sentier peu connu grimpe au sommet d’une colline (120 m) qui offre un panorama à couper le souffle sur le labyrinthe de criques et d’îlots du North Sound. Le genre de paysage qui donne envie de mettre sur pause, juste un instant, pour graver l’image dans sa mémoire

Et puis vient le moment des au revoir. Certains mettent le cap au nord, d’autres au sud – la flotte se disperse, chacun suivant son sillage. De notre côté, nous décidons d’emboîter le pas à Giliss, qui nous a précédé aux USVI. 


West End : Le Dernier Coup de Cœur Avant l’Entrée aux USVI

Enfin, le West End s’est imposé comme le point le plus à l’ouest des BVI, juste avant de prendre le ferry pour les îles Vierges américaines. Cette anse accueillante, presque discrète dans son quotidien – entre chants des coqs, sifflements des grenouilles et ambiance d’un chantier naval vivant – nous a charmés. Un supermarché Rite Way de qualité et un carburant pas cher nous ont permis de clore cette étape sur une note magique, avec un coucher de soleil inoubliable qui annonçait notre entrée imminente sur le territoire américain (pour plus de détails, rendez-vous sur notre article dédié à l’entrée aux USVI)

 

Les BVI : Un Voyage entre Partages et Découvertes

Trois semaines de navigation aux BVI n’ont pas forcément transformé notre coup de cœur pour cet archipel anglais, notamment en raison du peu d’échanges avec les locaux – ces derniers semblant avant tout intéressés par le pouvoir d’achat des hôtes de bateaux charter et de location.

Cependant, ce séjour a été une formidable parenthèse de partage entre bateaux copains, un melting pot culturel où se mêlent Américains, Boliviens, Néo-Zélandais, Canadiens, Sénégalais/Libanais, Hongrois, Italiens, Belges et Français.

Un véritable patchwork linguistique et humain qui, surtout, a ravi les enfants et renforcé la magie du voyage. Car au final, c’est bien cela qui compte : ces moments d’échange et de découverte, ces anecdotes qui se racontent à la lueur du coucher de soleil sur l’océan, et ce sentiment d’appartenir à une communauté internationale sur fond de vagues et d’horizons infinis.

 

 

2 Replies to “Les BVI : Iles Vierges Britanniques : le paradis de la voile !”

  1. Coucou les Boomerang !
    C est avec un immense plaisir et intérêt que je découvre ce récit de vos aventures passées au BVI.
    Cela me rappelle plein de souvenirs car nous avons eu la chance également d aller la bas.
    Votre article sur les BVI est super intéressant comme toujours et très bien réalisé. Très agréable à lire.
    On vous embrasse.
    Kiki, Stef,Vincent et Océane de SeaPearl .

  2. Hello les Boomerang,
    Quel bonheur d’avoir de vos nouvelles. Merci de mettre du soleil dans notre hiver.
    Ca donne vraiment envie de visiter ces iles. Vos récit met en joie.
    Prenez soin de vous
    Carine

Répondre à Carine BouvetAnnuler la réponse.

En savoir plus sur Boomerang.bzh

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture