Après l’île d’Arz, poursuivons notre voyage à la découverte des trésors cachés de notre Bretagne Sud et de ses îles. Un embarquement en juillet 2020, pour 3 jours de partage avec Cécile, journaliste pour Voile Magazine…

Direction l’île de Houat, qui très franchement nous a conquis ! 😘

Une présentation de Houat en omettant de parler de son histoire, serait un sacrilège. Nous vous proposons d’embarquer sur Boomerang pour découvrir ou redécouvrir les multiples facettes qui ont forgé cette île au fil des siècles : ses vestiges préhistoriques, ses batailles et aventures navales, ce peuple de marins à l’organisation sociétale si singulière en Europe, et plein d’autres détails que nous n’avions pas su apprécier lors de nos précédentes visites.

Ports Carnaquis

L’Eclosarium

Une des premières choses à faire, quand on pose le pied à terre, est d’aller visiter l’Eclosarium. Cette écloserie, fondée par les pêcheurs houatais dans les années 1970, avait pour objectif de repeupler les fonds de la région en homards de qualité. En assurant leur naissance en écloserie, avant de les relâcher en mer, ils pouvaient atteindre une taille respectable, pour les préserver de leurs prédateurs. Mais en raison de résultats jugés insuffisants, l’écloserie est laissée à l’abandon en 1989. L’entreprise de cosmétiques, Daniel Jouvance, reprend les locaux pour y installer un laboratoire basé sur la production de produits issus du phytoplancton, ainsi qu’un musée. On y découvre l’histoire de l’île et de ses habitants, mais aussi une exposition passionnante dédiée à l’infiniment petit des océans : le phytoplancton, représentant 90% de la biomasse marine, véritable « poumon bleu » de la planète. La visite est juste incontournable pour comprendre l’île, ses habitants et la biodiversité océanique.

Une présence humaine depuis la préhistoire

Remarquablement boisée, la presqu’ile de Quiberon se prolongeait probablement à l’époque préhistorique, au dela des rochers des cardinaux, jusqu’au plateau du four. La légende veut que des torches guidaient les cavaliers de Quiberon à Houat, dans l’obscurité qui régnaient sous les branches de grands chênes. Le phare de la Teignouse aurait occupél’emplacement d’une de ces torches.

Entre -6000 et 3000 avant JC, le niveau de la mer aurait monté de 80 mètres, noyant les vallées et transformants en îles et rochers certaines parties du continent parmi lesquelles Houat et Hoedic.

Livre La Mémoire de Houat Catherine Gaston Mathé

Houat peuplée depuis environ 10000 ans, appelée à l’époque Siata*, semble avoir été prospère jusqu’à l’époque romaine. On y trouve des vestiges de civilisation préhistorique : des menhirs debout ou enterrés, et quelques dolmens ainsi que d’innombrables vestiges mégalithiques.

Sur le Mulon Er Yoch, que nous côtoyons tous à proximité de la Grande Plage Treach er Goured, ont été découverts, début XXième siècle, un certain nombre de traces de civilisation mésolithique (poteries, silex, os et crânes).

* D’où l’origine du nom du bar le Siata dans le bourg de l’île.

Une situation stratégique face aux Romains

Siata (Houât) sert de port d’attache au peuple des Vénètes, mais aussi de poste « sentinelle avancée » pour le contrôle du trafic commercial considérable à cette époque. En l’an 56 avant JC, Siata est témoin de la défaite cuisante de la flotte des Vénétes, par la flotte des galères romaines, et tombe entre les mains des romains provoquant l’exode de nombreux Houatais vers le continent.

Un repeuplement de l’île grâce à l’abbé Saint Gildas

An l’an 500, le destin de l’île change radicalement quand Saint Gildas, moine de l’abbaye de Saint Gildas de Rhuys (située sur la côte juste en face), décide de s’installer sur l’île.

Des lors, l’Eglise s’immisce dans la vie communautaire de l’île. Elle finira par en régenter les moindres aspects de la vie quotidienne de ses habitants, comme l’atteste la « Charte des îles » (ci-dessous à lire absolument). Véritable règlement intérieur, elle est instaurée sur Houat et sa petite soeur Hoedic. Rien ne peut être entrepris, sans l’avis du Recteur.

L’île prospère et attire à nouveau les convoitises. Elle intrigue aussi par son système d’organisation sociétale si singulier, qui survivra à la vague de la Révolution française et à la mise en place des communes. Il faut attendre 1969, soit plus de deux siècle après la Révolution pour que l’île connaisse son premier maire.

D’avis d’historiens et de sociologues, il s’agit d’un cas unique de théocratie en Europe….

Une fortification ordonnée par Vauban pour combattre les invasions

Je ne connaissais que deux forts à Houat, celui des Béniguets et celui de la Pointe En Tal. J’en ai découvert un troisième, particulièrement imposant, au milieu de l’île, à proximité de l’éclosarium. Ce fort dont les pierres ont été prélevées par les houatais, au cours des ans, pour édifier leurs maisons, édifices et notamment pendant la première guerre mondiale, avec l’aide des prisonniers allemands, pour construire le port d’Er Bec. A noter qu’il reste aussi des vestiges de batterie sur la côte Nord et sur la côte sud (Portz Chudell) permettant de défendre les positions vis à vis des diverses assaillants. A travers les siècles, l’île de Houat a été régulièrement attaqués, assaillis, pillée et détruite par les vikings, et les flottes hollandaises, et anglaises. A l’époque de la révolution, délaissé par la nouvelle république, elle a été le repaire des chouans royalistes et de leurs alliés anglais.

Les 3 ports de Houat

Nous découvrons aussi pour la première fois, l’histoire des ports de Houat. Comme tout le monde, nous avions toujours vu les vestiges du Port d’Er Bec sur la côte Est, mais nous n’avions jamais imaginé que le petit enrochement ensablé, appelé Port Collet, juste à côté, a constitué, à partir de 1824, pour les pécheurs, le véritable premier abri de l’île.

S’en est suivi la construction du port Er Bec pendant la guerre en 1915-1916 et sa destruction dans une tempête majeure le 21 Janvier 1951.

Définitivement et après moules négociations avec l’état et appel national aux subventions, le port de St Gildas, au Nord, fut construit et accueille toujours la petite flotte de pêcheurs de l’ile, quelques plaisanciers, et les navettes à passagers.

A noter que c’est aussi le lieu pour trouver du poisson frais, lorsque la poissonnerie éphémère s’installe tous les Mercredis.

 

Les Plages aux Fontaines

En continuant nos ballades au gré du vent, nous découvrons aussi les deux fontaines de Houat, sur deux plages différentes, Tréach er Salus et Kozh Kastell. Avant que l’eau courante ne vienne ici, les jeunes devaient faire quelques kilomètres pour approvisionner les familles et le bétail. Ces corvées prenaient du temps…

Et une cascade digne des îles antillaises

Dans un endroit caché, tombant des falaises, nous découvrons stupéfait, la petite cascade de Houat, laissant couler ses eaux limpides et rejoindre la grande mer, dans un vacarme grave et étourdissant.

Pour terminer je vous invite à lire l’article de voile Mag et notamment les portraits des rencontres que nous y avons faites.

Je vous laisse plein d’autres choses à découvrir en parcourant ce livre très intéressant : La Mémoire de Houat de Catherine Gaston-Mathé ou en vous rendant  directement sur l’île, en n’oubliant pas d’aller discuter et rencontrer les Houatais….

 

Merci à Cécile Hoynant pour l’article, pour le crédit photos, et pour la galerie magnifique qui suit : 😘

 

 

 

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