Du 17 novembre 2019 au 28 novembre 2019

Nous sommes arrivés Dimanche 17 Novembre au mouillage derrière la double digue du port de Palmeira sur l’île de Sal, après une traversée mouvementée, venteuse et houleuse, heureusement sans casse, ce qui n’est pas toujours le cas.

L’essentiel du petit marin à Palmeira Sal

Mouillage dans le port en face du village
Les meilleures places sont devant la plage et les bateaux locaux dans 3M50 d’eau
Formalités de police à proximité
Petites superettes
Grands Entrepots d’import export vendant aux particuliers
Distributeur d’argent près de SOCOL et dans la gare maritime
Achat de poissons auprès des pêcheurs
Carte SIM Unitel pour les données ou wifi dans les restaurants

Bibliothèque municipale pour faire les cours aux enfants

Comme tous les marins de passage, vous serez accueillis par Jay pour les étrangers (Jaïr en créole), une figure locale, responsable du mouillage, du service de rade et des services annexes, comme le gasoil, l’eau en bidon ou le linge. Un gros bosseur qui a du batailler ferme avec les autorités depuis 5 ans pour mettre en place une organisation et limiter la petite délinquance . Jay parle français et nous met tout de suite dans l’ambiance locale « ici c’est No Stress Land »; ça j’adore !

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Sal voici 30 ans (Merci Dominique)

Sal aujourd’hui

Fatigués, nous souhaitons néanmoins descendre à terre pour toucher du doigt cette ambiance évidemment différente des pays parcourus jusque là. Le Dimanche, le village est paisible, les formalités ne peuvent pas se faire (cela attendra le lundi) et Jay nous propose avec d’autres bateaux d’aller manger chez sa cousine qui tient un petit restaurant. On y mange très bien, pour pas cher (14 euros pour 4 vin compris)

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L’après midi se passe tranquillement à flâner et à acheter, dans un bouiboui, une carte SIM Unitel avec 5 giga de données pour 11 euros.

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Le Dimanche soir la ville s’éveille, avec la rituelle soirée fiesta. Le Village est en fête dans un esprit bon enfant, grillades sur le port, musique et dance, jusqu‘à deux heures du mat. Un petit rhum chez Arminda, une grillade sur le port et un peu de souk sur le quai des pêcheurs ! un souvenir impérissable.

Pour la première fois du voyage, on ressent la possibilité de rencontrer les gens, de discuter, d’échanger car ici pas mal de personnes parlent français.

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Après une première nuit réparatrice, nous filons dès 9 heures au poste de police. Les formalités sont simples et courtoises. Dans un bureau, formulaire et tampons des passeports, dans l’autre formulaire du bateau et papiers du bateau.

A noter que les papiers originaux sont conservés par la police jusqu’à notre départ . Formalités express en 35 minutes, coût 5 euros par bateau.

Nous sortons bonne-aises de ce premier contact avec des officiels, faisons un petit tour du village, et allons manger des excellentes grillades de Garupa : mérou du coin chez Esplanada Rotterdam.

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Cuisine simple mais gouteuse accompagné d’un vin Blanc de l’ile Cap Verdienne de Fogo (plus au sud). Comme toujours et en insistant gentillement, on repart avec la recette du cuistot, Yes !

Nous passons aussi un bon moment avec Gérard et Sabine du bateau Nuluca et rencontrons l’équipage de Lolita, une petite famille de Lorient, Hervé Caroline juliette, Jean et Pierre Louis qui partent pour un tour de l’Atlantique. On se revoit le soir autour d’un apéro.

Petit tour sur le port, pour faire la connaissance d’une autre figure locale : Elton, « Black Panda » pour les intimes. Elton parle un peu français et est un des intermédaires pour vendre les poissons des pêcheurs. N’hésitez pas à aller le voir car on se regalera tous les jours de Solettes, Murène frittes (Geneviève vous donnera la recette), Poulpe, Garupa et Cigale des mers, et même de filets de raie qu’ils nous dirons être « manta ». Elton est vraiment sympa et tient parole.

Un peu plus loin Victor le charpentier de marine, est aussi sculpteur de tortues et de requins à ses heures. Il nous explique que Sal fabrique les derniers bateaux de pêche de l’archipel avec un mélange de tradition et de modernisme. Structure bois classique recouverte de tissu polyester. Nous repartons avec un petit souvenir de Sal : une tortue pour Charles.

C’est clair ici c’est l’endroit des bateaux de voyage, une vingtaine à peu près avec enfin des familles. Les gamins se rencontrent, jouent, partagent dans un environnement safe et sympathique.

Et nous, nous buvons apéro sur apéro avec les différents équipages présents. Je reviens un instant sur l’équipage de Lolita avec qui on a un ami sinagot commun, et une rencontre commune voici une dizaine d’année dans le cadre professionnel. Le monde est toujours petit même ici au Cap Vert.

Nous décidons d’ailleurs le lendemain après midi après l’école, de visiter l’ile de Sal ensemble.

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Pas grand-chose à voir sur l’ile, mais il y a cependant quelques sites à ne pas manquer. Les deux familles embarquent dans un Aluguer sorte de minibus local, et négocient la course pour 30 euros.

Direction les Saline de Pedro Lume

Source globereporters.com

Quelques tas de sel émergent des salines, le téléphérique est encore là mais l’âge d’or est révolu. À Pedra Lume, si le décor semble figé par le sel, l’endroit n’en reste pas moins surprenant.

Les restes d’un ancien téléphérique en bois du XXe siècle, nous rappellent une époque ou les salines de Pedra Lume faisaient la richesse de l’île de Sal. La structure est en complète décrépitude mais on devine un mécanisme ingénieux. En suivant les pylônes nous arrivons à la saline. Pour y accéder, il faut traverser un tunnel creusé dans le sol. Et c’est ici, à quelques mètres au dessous du niveau de la mer (17m en fait) et à quelques centaines de mètres dans les terres que ressurgissent les eaux de l’Atlantique.

Dans cet univers saturé d’iode, les couleurs s’étalent du bleu au blanc en passant par les couleurs ocres de la terre. Quelques tas de sel trahissent encore une petite activité, mais les heures de gloire sont loin ! Reste que les salines de Pedra Lume sont un bien bel endroit qui tranche avec la géographie désertique et monotone de cette île du Cap-Vert.

La baignade est possible dans un eau saturée de sel, où le corps est en lévitation. Des douches d’eau douces sont proposées pour se rincer après cette expérience unique.

Attention au petit bobo : ca peut faire mal !

Entrée 5 euros pour les adultes gratuit pour les enfants (Il y a une toise)
Retour dans l’aluguer et direction une autre attraction

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Shark Bay ou la plage des requins citrons.

Cet endroit est incroyable, et nous avons eu la chance de voir plusieurs spécimens. Vous avancez tranquillement dans l’eau jusqu’au genou, (prévoir des chaussures car le fonds est caillouteux) et des requins citrons d’environ 70-80 centimètres serpentent entre vos jambes. Les enfants sont dans et sous l’eau en toute sécurité et observent ces animaux. Superbe expérience pour tous !

Un peu plus loin (une cinquantaine de mètres) de plus gros spécimens, jusqu’à 3 mètres, font des va et viens le long de la plage. Pas de risque qu’ils approchent car il n’y a pas assez d’eau mais ne tenter pas d’aller plus loin, ça pourrait rapidement devenir dangereux…

Pourquoi ces requins à cet endroit ?

En discutant avec un local, il m’explique que nous sommes dans une zone protégée, où l’eau est particulièrement chaude. Les poissons sont nombreux ainsi que les petites pieuvres que les requins citrons adorent. Toutes les conditions sont réunies pour en faire une espèce de nurserie.

Espargos

Cette ville tient son nom des petites asperges qui poussaient au Cap-Vert. Depuis, elles ont disparu mais le nom est resté. C’est la principale ville de l’île, située à dix minutes de l’aéroport international et à une demi-heure en voiture de Santa Maria. De ou vers l’aéroport, vous pouvez aussi marcher car toute la route dispose d’un trottoir pour piétons. Contrairement à Santa Maria, Espargos est une  » vraie  » ville cap-verdienne, s’il en est, avec son centre administratif, sa mairie et son marché municipal. Si vous souhaitez effectuer quelques achats, vous y trouverez également toutes sortes de commerces. C’est aussi un autre visage de Sal, beaucoup plus cap-verdien, loin des complexes touristiques de Santa Maria.

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Le jeu de Uril

Ce jeu d’origine sénégalaise est « le jeu » Cap Verdien par excellence. Tous en jouent dans la rue. c’est trans-générationnel. Fascinée par la rapidité avec laquelle ils comptent et transfèrent les petites graines d’une case à l’autre, je prends rendez vous avec Lucien, un jeune du village que nous avons croisé à plusieurs reprises en compagnie d’Elton pour un cours express en baguage des signes. Un moment fort de partage et de rires et une partie gagnée, c’est la chance de la débutante. Nous achetons un exemplaire pour Noël…chut…

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Une soirée mémorable

Les bateaux de voyage sont toujours un peu plus nombreux. Avec 4 autres équipages,  Rêve d’O, Luca, Atsena et Weoflife nous décidons d’aller prendre l’apéro à terre Chez Arminda. Comme les choses ne se passent jamais comme on le voudrait, l’apéro se termine en repas grâce à un pêcheur de coquillages. Il est 19H30 quand il rentre de sa pêche avec des coquillages inconnus : des cracas.

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Il nous propose de tester cette expérience culinaire. Arminda, la mamie du village avec son gros coeur, se propose de nous les cuisiner et très vite Geneviève l’accompagne en cuisine (recette dans côté cuisine). Une quinzaine de minutes après, nous découvrons cette chair particulièrement fine, bonne au goût proche de l’araignée. Une superbe découverte. Les rhums et les bières s’enchaînent suivi de quelques kilos de pousse pieds, que nous avions déjà mangés en Bretagne.

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L’échange entre les cap verdiens et nos équipages français est riche et passionnant. La soirée se termine par un concert privé d’une jeune chanteuse cap Verdienne de 20 ans, qui nous reprend quelques titres de Cesario Evora. Moment unique, suspendu dans le temps. Cette soirée restera gravée dans nos mémoires comme un super Aurevoir de l’ile de Sal.

Visite de l’école de Palmeira

Après les cours du Matin, direction l’école de Sal où l’enseignement du français est obligatoire du CM2 à la quatrième. Nous sommes très bien reçus et après les présentations réciproques d’usage, nous participons pendant 1h30 au cours de français.
Camille co dirige l’exercice. Une superbe expérience et une découverte pour les enfants d’une école bien différente.

Brève de vie ou anecdote de mouillage

2 heures du mat, nous sommes réveillés par des cris d’alerte demandant de l’aide. Geneviève est debout car Charles est malade. Elle me réveille, j’enfile mon pantalon, un teeshirt, descends l’annexe des bossoirs et saute dedans. Je me dirige vers le catamaran qui demande de l’aide. La tension est palpable ….

3 hommes espagnols bien énervés se tiennent dans le cockpit. J’interroge les deux plus jeunes sur la raison de leur appel. Ils me disent que leur capitaine est devenu fou, et qu’il veut se battre. Ils me demandent de les débarquer à terre car leur annexe est partie à la dérive. L’un d’eux à la main en sang…

Le capitaine est justement là et je lui demande sa version des faits. Il me confirme la demande de débarquement et me demande de récupérer son annexe, partie à la dérive.

Aussitôt dit Aussitôt fait.

Je les dépose sur le port des pêcheurs, ces deux hommes sont traumatisés. 30 minutes après la police arrive et emmène le skipper au poste Il y passera la nuit …

Une expérience d’embarquement d’équipiers qui tourne mal !

Nous restons à Sal car nous nous y sentons bien et parce que notre troisième équipier pour la transat arrive en catamaran de Dakar. Florent est un tour du mondiste en vélo. Il est parti de France pour descendre les côtes africaines. Devant la difficulté de trouver un voilier pour le ramener sur le Cap vert, nous décidons de faire jouer nos contacts. D’autres équipages m’informent que Xavier et Nathalie propriétaire d’un Outremer 55, rencontrés à Fuerteventura, part de Dakar, Ni une ni deux, Florent se retrouve embarqué avec cette grande Famille pour nous rejoindre.

Nous patientons donc tranquillement, et reprenons contact avec d’autres bateaux copains dont Weoflaif originaire de Concarneau qui traverse en Famille aussi. Encore des soirées d’échanges très sympathiques.
Les enfants partagent des après-midi sur la plage.

Alors que pensez de Sal !

En ce qui me concerne, j’ai adoré cette escale…
La richesse n’est pas forcément l’île mais sa population. Faites l’effort d’aller vers l’autre et vous serez mille fois récompensés. De belles rencontres !

C’est la première fois que nous tissons de véritables relations avec les locaux. La patronne du Bar Arminda, Zek le cuisto du resto Esplanada Rotterdam, les pêcheurs, Victor, Jay, Elton, Lucien joueur d’Uril, Léo le moitié cap verdien et français, Georges le pêcheur de coquillages, Rus qui passera une heure à passer Boomerang au karcher sans rien demander en retour,  et tous les autres, dont j’ai oublié le prénom, extrêmement accueillants.

Au bout de quelques jours, on nous salue dans la rue, petit signe d’une pseudo intégration appréciable et appréciée…

6 Replies to “Ile de Sal Cap Vert : No stress Land”

  1. cela a en effet beaucoup changé ……sauf la gentillesse des capverdiens qui reste un must dans les anciennes colonies Lusitaniennes !! vous risquez d’être déçus en arrivant aux Antilles car les locaux y sont plutôt racistes !
    profitez bien de cet archipel magnifique et envoutant

    1. Merci Dominique
      L’accueil est formidable !
      Quel échange quand on est un temps soit peu ouvert.
      Nous sommes sur Sao Nicolau et les premiers jours sont aussi formidables
      Découverte de l’île demain….

  2. Bonjour à tous les 4,
    Quel bonheur de voir une famille croquer la vie à pleine dents. Un grand merci pour le partage de vos aventures. Vous faites rêver. J’hésitais pour ma prochaine destination, mais vous m’avez convaincu, ce sera Le Cap Vert.
    Au plaisir de vous lire.
    Carine

  3. Profitez bien.
    J’ai passe 5 jours super a Sao Nicolau.
    Gens sympa et super paysages.
    Rentré depuis a paimpol je reve en lisant votre blog vraiment tres bien fait avec un peu de nostalgie.
    Bonne nav.

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