La Gomera : La Nature puissance 10

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La Gomera est l’île la plus verdoyante des îles canariennes.

Petite par la taille, deuxième plus petite île de l’archipel (369 km2, soit environ 3,5 fois la surface de Paris), peu peuplée (environ 24000 habitants), elle possède entre 100 et 150 000 palmiers, un chiffre éloquent. Ici, les palmiers sont protégés et recensés.

Comme sa grande voisine Tenerife, La Gomera est une île d’origine volcanique, avec une silhouette de grosse pyramide rocheuse culminant à 1487 m d’altitude (Alto de Garajonay). Vue d’avion, elle dessine une sorte de cercle échancré, découpé par des versants abrupts, creusés de larges entailles, de ravins vertigineux, de vallées escarpées dominées par des montagnes rocheuses.

Au sud-ouest c’est Valle Gran Rey qui débouche sur une petite station balnéaire. Au nord-est, la vallée d’Hermigua décrit une interminable coulée verte et ensoleillée vers l’océan ,où les bananiers poussent comme au jardin d’Éden.

C’est simple : plus on monte en altitude, plus la végétation se densifie. D’abord des bananiers et des palmiers, puis une espèce de garrigue exubérante, des fougères géantes, des euphorbes, des cistes, une brousse de lauriers et de bruyères, et plus haut encore au sommet de La Gomera une majestueuse forêt primitive d’altitude.

Circuler est chose aisée : pas de voie côtière en corniche, mais un réseau de petites routes sinueuses en parfait état, ponctuées par une ribambelle de miradores aménagés pour admirer ces paysages de montagne et de mer.

La moindre parcelle plate est cultivée et plantée notamment de vignes qui permettent de produire, entre autre, un petit vin blanc sympathique, le Garajonay du nom du parc éponyme. Les versants des montagnes quant à eux ont été au gré des siècles, par un travail titanesque, équipées de cultures en terrasses.

La Gomera est le paradis des randonneurs, avec une multitude de GR sillonnant l’île. Les panoramas sont justes uniques, enivrants, souvent étourdissants.

Après 2 nuits au mouillage au Sud de l’île, au superbe mouillage sur sable noir de la Playa Chinguarime, nous gagnons la Marina de San Sebastien de la Gomera. Nous avons changé d’avis, le voyage est aussi fait pour cela, et souhaitons découvrir l’ile en voiture.

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Il est plus simple de laisser le catamaran au port dans ce cas de figure. L’accueil par les Marineros un Dimanche est juste parfait, nous rentrons en marche arrière dans un trou de souris grâce à leur aide. Une fois amarré, nous profitons de ce luxe, que nous n’avions plus côtoyé depuis quasiment un mois.

Nous sommes aussi rattrapés par l’histoire, car après la visite de la réplique de la Pinta à Baiona en Espagne, la découverte de la Casa Colon à Las Palmas, nous apprenons que jadis, un certain Christophe Colomb, navigateur peu connu il est vrai, avait ancré dans cette même baie, lors de son premier voyage pour la Découverte du Nouveau Monde.

L’environnement devait certainement être très différent d’aujourd’hui, mais l’île offrait déjà une qualité d’approvisionnements non négligeables.

L’essentiel du petit Marin à San Sebastien de la Gomera

Port accueillant et Marineros au Top
Prix élevé pour un catamaran de 41 pieds avec 43 euros/jour
Centre ville très proche avec restaurants, marché municipal avec un supermarché bien achalandé au RDC et des boucheries aux alentours
Supermarché Spar très moyen à 1,7 km
Agences de location de voitures à quelques mètres (comptez entre 25 et 30 euros/jour)
2 plages de sable noir pour les enfants

La Torre del Conde

Premier monument facilement accessible car situé près du port, la tour de Condé est un des seuls édifices militaires encore visibles.

Parc National de Garajonay

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Ce Parc a été déclaré Patrimoine de l’Humanité en 1986 par l’UNESCO. Le Parc de Garajonay offre aux visiteurs des paysages forestiers très variés, souvent enveloppés dans une brume qui entretient l’exubérance végétale et alimentés même de petits ruisseaux, de cascades nées aux portes mêmes de l’aridité. C’est une nature quasi intacte que l’ on peut encore découvrir ici.

Les brumes fréquentes (ou nuages) abreuvent une forêt fascinante, épaisse et touffue, dont la verdeur permanente, parfois imbibée d’humidité, contraste avec l’aridité des côtes et des zones basses de l’île.

Cette formation végétale a reçu le nom de laurisilva, qui signifie « forêt de lauriers », en allusion aux feuilles, semblables à celles du laurier, que présente la majorité des espèces qui la composent. Ce type de feuilles est un indicateur de son adaptation au milieu subtropical humide et aux températures douces qui règnent dans la zone nord des îles Canaries, où la laurisilva se cantonne.

L’ énorme intérêt scientifique de la Laurisilva canarienne est due au fait que la majorité des espèces animales et végétales qui la composent et l’habitent est endémique, et ne se rencontre en aucun autre endroit de la Terre.

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Petite Rando avec les enfants

Les circuits de randonnée sont illimités, se croisent, se décroisent, convergent, divergent, font le tour du moindre ravins. Avec les enfants, nous avons choisi une petite randonnée, qui offre déjà beaucoup au niveau nature vierge et intacte. Pour nous ce sera la Meseta de Hermigua.


Valley Gran Rey

Voilà une partie de l’ile renversante. Des canyons gigantesques, des routes tortueuses, des miradors qui donnent le tournis, des palmiers et bananiers à profusion et une petite station balnéaire très commune tout en bas, au fond de la vallée. En fait, le trésor est le panorama, quelque chose d’unique qui vous prends aux tripes !

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Pour les navigateurs, ce port sans pontons offre derrière sa digue un espace de mouillage incroyable aux pieds de falaises gigantesques. La tenue sur sable semble très correcte et la houle est faible par vents dominants de Nord – Nord Est.

Toujours aussi bien organisé, nous avons oublié le Pique nique et avons donc du dénicher un petit resto très abordable le Cacatua , cuisine simple mais bonne, tenu par un allemand à l’accueil au top. Dans une cité très touristique où le rapport qualité prix est souvent décevant, c’est à noter.

 

En nous rendant au village de Vallehermoso, nous nous faisons un stop à Los Chorros de Epina. C’est là que nous y trouvons les fameuses fontaines à sept filets d’eau qui savent « prédire l’amour ». Une belle histoire qui aura fait rêver nos deux lutins…et que l’on ne peut s’empêcher de vous raconter :

La légende de Gara, Princesse de l’eau et de Jonay, prince du feu

La Légende de Gara et Jonay est l’une des plus populaires histoires autochtones des îles Canaries. Bien avant la conquête de ces Îles par les espagnols, c’est l’histoire d’amour entre un prince et une princesse aborigènes qui, en raison de l’opposition de leurs familles, décident de se suicider.
Leur histoire d’amour brisée, qui date de centaines, si ce n’est de milliers d’années, présente une similitude curieuse avec l’œuvre de l’écrivain William Shakespeare « Roméo et Juliette » et a pour décor ce qui est considéré aujourd’hui comme le Parc Nacional de Garajonay.

Il y avait dans l’île de La Gomera sept sources magiques que les aborigènes connaissaient bien: “Los chorros de Epina”. Elles sont toujours visibles à ce jour.

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Ces sources pouvaient prédire si les jeunes filles trouveraient l’amour ou non.
Pour la fête de Beñesmén, fête à laquelle venaient les aborigènes de l’île voisine de Tenerife, les jeunes filles mélangeaient l’eau de ces sept sources et elles s’y regardaient. Si l’eau était claire, l’amour arriverait mais si l’eau devenait obscure il faudrait attendre.

Le matin de la fête, Gara, la princesse d’Agulo, le lieu de l’eau, visite avec les autres jeunes filles les sept sources pour connaître son avenir. Elle s’approche et elle s’y regarde. D’abord, l’eau reste calme et réfléchit une image tranquille et parfaite mais ensuite des ombres apparaissent et l’eau s’agite beaucoup.
Alors, Gara va consulter Gérian, le sage de l’île, seul capable d’interpréter les signes, et il lui dit: “Ce qui doit arriver, arrivera. Éloigne toi du feu, Gara, princesse de l’eau, ou le feu te consumera”.
Gara se tait, mais le triste présage fait vite le tour de l’île.

Durant les fêtes, est arrivé à l’île Jonay, un beau jeune Guanche de l’île voisine de Tenerife, avec son père le Mencey d’Adeje et d’autres nobles.
Dès que leurs regards se croisent ils tombent immédiatement amoureux.
Mais quand la bonne nouvelle commence à être répandue, le volcan du Teide, connu comme Echeyde (Enfer), commence à jeter du feu et de la lave avec tellement de force que dans l’île de la Gomera tout le monde voit le terrible spectacle.

C’est alors qu’ils se souviennent du présage, Gara, princesse d’Agulo, le lieu de l’eau, et Jonay, prince de l’île du feu… Leur amour est impossible. De grands malheurs arriveraient s’ils restaient ensemble.
Alors les familles ont séparé les amoureux, craignant que la prophétie se réalise. Le père de Gara leur interdit à jamais de se revoir.

Le volcan se calme très vite et les visiteurs retournent à leur île après les fêtes. Mais Jonay est rentré presque fou d’amour et ne peut se résoudre à ne plus voir sa bien aimée.
Une nuit il se lance à la mer sur un radeau fait de peaux de chèvres remplies d’air et il arrive à la Gomera. Là, en se cachant, il retrouve Gara, et ils s’échappent ensemble.

Gara et Jonay


Mirador de Abrante Hermigua

Attention, on genre de registre, là, il y a du gaz, beaucoup de gaz ! Votre serviteur ne souhaitera pas y aller et restera à l’écart pour prendre les photos. Ce mirador est un peu particulier car il est constitué d’une avancée de verre, complètement fermée, d’environ 7 à 8 mètres de longueur, donnant sur un vide magistral. La vue à travers le plancher constitué aussi de verre, vous donnera le tournis.

Ce mirador situé à flanc de montagne, baigné dans une terre rouge sang est aussi un bar  où vous pourrez vous désaltérer.

Geneviève et les enfants feront l’effort de marcher dans le vide. Je leur tire mon chapeau car pour moi c’est impossible !

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Il se fait tard et déjà, nous filons vers San Sébatian, petit repas et dodo.

A San Sébastian, nous retrouvons, beaucoup d’équipages rencontrés depuis notre départ Danu (les irlandais, avec qui nous passerons encore une fois une soirée plus que sympa), Hierro (qui comme son nom l’indique partira pour visiter l’île éponyme)  Pégasus (avec qui nous avons rendez-vous au Cap vert), Flyer II (en rade avec sa GV déchirée), Claudine et Jean Pierre, qui nous livrent des pièces détachées et manuels scolaires après un bref retour en métropole)… Nous rencontrons aussi de nouveaux équipages, des voisins de pontons ou des équipages avec enfants…Pour la plupart, ils ont un programme similaire au nôtre : la transatlantique.  Pour certains d’entre eux les choses sont plus compliquées que pour nous. Voiles déchirées, problèmes moteurs…On échange des bons plans, des recettes, des info techniques, radio ponton commence aussi à fonctionner.

Bloqués par une météo plus que défavorable, nous restons quelques jours supplémentaires à San Sébastian. Nous n’irons pas à El Hierro, mêmes si d’aucuns nous vantent ses paysages, ou ses fonds marins à couper le souffle. Non, décidément, nous souhaitons ménager notre monture et partir pour cette grande traversée vers le Cap Vert (environ 800 miles, soit le double du trajet Bretagne-La Corogne), dans les meilleures conditions.  Du coup nous anticipons au maximum, les préparatifs en vue de notre transatlantique en prévoyant tout le nécessaire possible en avitaillement. On en profite pour faire un grand ménage de printemps de Boomerang. On se met au clair sur tout l’administratif laissé en suspend, on procède à quelques vérifications techniques, réparations reportées, etc…

Etant donné le prix de la nuitée au port, nous décidons de quitter San Sébastan, et d’attendre la bonne fenêtre météo dans des mouillages au sud de l’île. Notre routeur, Michel, de Searout suit avec attention l’évolution des conditions climatiques qui impactent directement l’Europe, notamment les côtes françaises et espagnoles, et dont les conséquences sont ressenties jusqu’aux Canaries. Sale temps pour les bretons !!! même si pour nous on profite encore pleinement du soleil, d’une bonne 20aine de degrés…et de baignades quotidiennes.

 

 

2 Replies to “La Gomera : La Nature puissance 10”

  1. Cher Stephane je compatis vraiment…. Si j’en juge par mes souvenirs de Pesey….. Rien ni personne n’aurait pu me faire faire ce parcours au-dessus du vide même les yeux bandés !!! Bravo à CamCha et Geneviève qui marqua dès l’enfance une forte prédilection pour risques et aventures insolites…

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