Malheureusement, nous ne sommes pas au Monopoly, mais dans le monde réel. Les choses ont beaucoup évolué depuis 15 jours, et nous prenons conscience de notre fragilité, à l’échelle planétaire, et aux défis que nous allons devoir relever.
Depuis notre précédent billet, nous avons essayé d’appuyer sur tous les boutons possibles en mettant de côté toutes les incertitudes liées à cette crise historique. Nous vous livrons Famille, Amis , notre emploi du temps de cette période.
Arrêter le Voyage
L’évolution de la situation, apparait comme catastrophique, notamment en Amérique centrale (prenez des infos sur le Venezuela, le Panama, et la Colombie), et nous conforte dans le choix d’arrêter le voyage. Il est déraisonnable de penser que le Grand Voyage pourra continuer comme si de rien n’était, dans les mois qui viennent.
La gestion de ce virus, dans certains pays, va déclencher malheureusement des vagues de morts, mais aussi plonger certaines populations dans une pauvreté extrême, laissant potentiellement réapparaitre à l’encontre « des riches occidentaux », des actes de délinquance voir de piraterie.
Confinement en Guadeloupe
Malgré les couvres feux instaurés en Guadeloupe et Martinique, nous sommes un peu plus tranquille au mouillage de Malendure. Les Forces de police sont moins présentes, et l’hélicoptère est quasiment absent. Le rapport avec la population est pour l’instant, toujours, correct. La gendarmerie a publié régulièrement et décrit (page Facebook de la gendarmerie) notre situation de bateaux de voyage avec des familles attendant un retour en Métropole, assurant ainsi une certaine cohésion sociale.
Mise à jour de dernière minute : un hélicoptère de la gendarmerie, 25 mètres au dessus de moi, m’a sommé en fin d’après midi, de remonter à bord alors que j’effectuais avec Geneviève dans l’eau, des prises de côte pour remplir le dossier technique du transport cargo
Hilarant mais je commence serieusement à perdre patience et à penser que cette pression est excessive et liberticide.
L’ambiance au mouillage de Malendure, îlet pigeon.
Ici la communauté de Malendure s’organise. Au delà des informations et tuyaux échangés selon l’option de retour ou de poursuite de l’aventure, choisie par chaque équipage, l’entraide entre bateaux bat son plein. :
- Le prêt de machine à coudre pour confectionner des masques, (merci Catherine et Jacques de Calypso)
- Les bons plans pour les courses, les petites adresses de restau qui font des plats à emporter, les bons plans cadeaux à rapporter en France,
- L’achat de poissons frais en direct aux pécheurs locaux,
- Les échanges de pièces détachées pour faire face aux pannes avant une traversée, (pompe à eau douce pour Emmanuel sur Dekanatum),
- Le prêt de notre iridium Go à notre bateau copain Takum,
Petit à petit chacun fait son chemin et trouve La solution qui lui correspond le mieux. On échange régulièrement, et on se donne rendez-vous en France.
A noter que depuis l’arrêt de l’activité humaine dans cet endroit très touristique, la nature et notamment la faune reprends ces droits : les pélicans reviennent pêcher, les dauphins jouent le matin entre les bateaux, les gros barracudas sortent des épaves et les tortues continuent leur bonhomme de chemin.
Retour en Métropole : Action, réaction
En ce qui nous concerne, nous avions un certain nombre de contraintes plus ou moins fortes, pour organiser notre retour en métropole.
Maison
Nous avons vendu notre maison, voici deux mois, pour être plus libre dans la suite de notre voyage. Même si nous sommes encore sous promesse, il y a peu de chance que la vente ne se fasse pas. Nous nous retrouvons donc sans maison, excepté notre catamaran.
Assurance
Depuis le Cap vert, notre bateau est seulement assuré en Responsabilité Civile car notre assurance précédente liée aux Loyds anglais, ne pouvait plus nous assurer tous risques, à cause du Brexit. Les devis réalisés avant transat, était juste hallucinants avec des montants compris entre 9000 et 15000 euros annuels. Nous sommes donc restés en RC.
Transat retour ou cargo
Bien évidemment, nous n’avions pas prévu, de revenir à la voile en traversant l’Atlantique Nord, puisque nous étions sensés continuer vers la Polynésie. Pour les deux raisons invoquées ci dessus, il nous parait raisonnable de privilégier, la sauvegarde de notre bateau-maison.
Après avoir étudié une possibilité de faire la transat avec un skipper pro, envisagé une quarantaine stricte de 15 jours après le dernier avitaillement et une traversée directe Antilles – France comprise entre 20 et 30 jours, tout en contractant une assurance tous risques, nous avons aussi étudié le retour de notre bateau par cargo.
C’est donc cette solution que nous retenons car elle nous semble la plus sécurisante pour la suite des aventures. Le retour cargo se fera donc de Martinique avec la société Sevenstars. Départ du Marin, entre le 25 avril et le 10 Mai avec arrivée à Brest avant fin Mai. Il est clair, que cette solution est très couteuse, mais nous aurions encore plus à perdre en ayant une avarie grave sur notre bateau en cours de transat.
Mise à jour du 11 avril 2020 9H30 locale : la cargo a 100% de chance de passer en Guadeloupe, donc nous restons en Stand By
Navigation Guadeloupe – Martinique
Nous avons passé pas mal de coups de téléphone et de mails avec la Direction de la mer de Martinique et Guadeloupe. La procédure de navigation dans cette zone actuellement est la suivante :
1- Demande d’autorisation à la direction de la mer de l’île qui nous accueille, donc pour nous : la Martinique. Information passée aussi au service en Guadeloupe.
2 – Déclaration de la navigation au Cross Antilles Guyane
3 – Navigation sans arrêt possible entre Guadeloupe et Martinique
4 – Mise en quarantaine stricte en Martinique sur le bateau !!! On peut s’interroger sur la continuité territoriale des DOM, car nous venons de passer, comme tout le monde une quarantaine de 25 jours en Guadeloupe, mais bref….
Période entre le chargement sur le cargo et le vol retour vers la France.
Air France ne dessert plus que 2 à 3 fois par semaine les Antilles Françaises. A l’heure actuelle avec une date imprécise du départ du cargo, nous ne pouvons réserver de billet d’avion. Il semble donc raisonnable de prévoir la location d’un logement entre les deux ce qui facilite bien évidemment les choses 😉
Nous avons aussi du mal à joindre la compagnie par téléphone et ne pouvons réserver autrement à cause de notre chat BIANCA, car son cas n’est pas prévu sur la centrale de réservation internet.😂
Si tout se passe bien, nous serons donc de retour Mi Mai en Métropole
Et l’avenir
Dans le concret, il y a la récupération validée par un skipper pro du bateau, pour le convoyer entre Brest et le Golfe du Morbihan.
Nous avons aussi signé notre contrat de mouillage sur bouée sur la commune de Séné pour la période de Juin à Novembre 2020, puis notre place de port de Vannes, pour la période de Novembre à Avril 2021. Et oui nous allons passer l’hiver sur le bateau.
Au printemps 2021, nous aurons comme vous tous, pris la mesure de la situation mondiale, et envisagerions la suite à donner sans précipitation et avec le recul…
J’espère que d’ici la, nous pourrons en sécurité, vous retrouver tous en chair et en os, plutôt que par écrans interposés.
Prenez soin de vous !

