Guyane continentale : l’enfer vert ! đŸ€©

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L’essentiel du marin

La marina de Saint Laurent du Maroni situĂ©e sur le fleuve Ă©ponyme, permet un mouillage sur bouĂ©e (environ une 20aine). S’assurer de son amarrage car les courants sont forts ! Pour les annexes, il faut emprunter le ponton flottant. PrĂ©voir impĂ©rativement un cadenas et Ă©viter de la laisser de nuit. La marina offre le wifi, les pleins d’eau par bidonnage et l’accĂšs Ă  une machine Ă  laver de 15kg, avec sĂšche linge. Il faut contacter David, pour valider les formalitĂ©s de mouillage. Ne pas hĂ©siter Ă  le solliciter pour ses conseils pratiques ou touristiques.

PossibilitĂ© de faire du carburant par bidonnage Ă  moindre coĂ»t au Surinam par pirogue. (1 euro au lieu de 1,80 euros)

A pieds, un 8 à huit, des supérettes et le marché et le Super U, trÚs bien achalandé, pour un ravitaillement plus conséquent.

Nombreux loueurs de voitures. Pas de ship.

Petit plus de Saint Laurent : un carrenage automatique et gratuit : AprÚs 15 jours dans les eaux douces du Maroni, les coques et hélices sont débarrassées des algues.

Choix des dates de sĂ©jour : une halte en Guyane Française hors pĂ©riode de pluie est Ă  privilĂ©gier
Il n’existe qu’une seule saison dans l’annĂ©e avec deux pics pour les prĂ©cipitations, un grand pic au printemps au mois de mai et un petit pic en hiver au mois de janvier. L’air est constamment chaud et moite avec des minimales Ă©gales Ă  22 Â°C et des maximales comprises entre 29 Â°C et 33 Â°C. Se mĂ©fier des moisissures


 

 

Entrée en eaux troubles 


Nous faisons route vers Saint-Laurent-du-Maroni en compagnie des bateaux KokoĂŻ et l’Ultime. DĂ©part 23 heures des Ăźles du Salut, pour une navigation au prĂšs de 90 miles pour rallier l’embouchure du fleuve. Notre objectif : atteindre le chenal d’entrĂ©e Ă  l’étale vers midi et profiter de la marĂ©e montante pour rejoindre la ville de Saint Laurent situĂ©e plus en amont, Ă  une 30aine de kilomĂštres. 

Une remontĂ©e au moteur qui nous prendra 5 heures tout de mĂȘme ! Largement le temps de pouvoir dĂ©couvrir ce nouveau dĂ©cor en suivant le balisage, le long de berges couvertes de mangrove et d’une forĂȘt dense qui semble impĂ©nĂ©trable
et de comprendre le choix stratĂ©gique des autoritĂ©s pĂ©nales françaises pour cette localisation Ă©loignĂ©e de l’ocĂ©an, sĂ©curitĂ© supplĂ©mentaire, (s’il en fallait), pour empĂȘcher toute Ă©vasion de bagnards par voie maritime


Saint Laurent du Maroni : patchwork ethnique et culturel. 

Saint Laurent du Maroni, deuxiĂšme ville la plus peuplĂ©e de Guyane (aprĂšs Cayenne), nous sĂ©duit. C’est une ville trĂšs animĂ©e, notamment au crĂ©puscule sur la place du port. 

En se baladant dans le centre, on peut trouver des panneaux avec des photos des principaux bĂątiments. La ville restaure petit Ă  petit les constructions de l’époque coloniale. 

Beaucoup d’ethnies y cohabitent : CrĂ©oles, AmĂ©rindiens, Hmongs, Indiens, Bushinengues, ainsi que des populations Ă©trangĂšres (HaĂŻtiens, Surinamais, BrĂ©siliens, etc.), et des mĂ©tropolitains venus y travailler (hĂŽpital, gendarmerie
). Chaque ethnie a une histoire diffĂ©rente que nous dĂ©couvrons au fur et Ă  mesure de notre sĂ©jour. Cette mixitĂ© s’affiche dans les rues, mais pour autant chacun vit dans des quartiers bien sĂ©parĂ©s. 

Excursion en pirogue sur le Maroni, avec Bidjool

Nous slalomons entre la Guyane et le Suriname en pirogue pour dĂ©couvrir faune, flore et villages amĂ©rindien et bushinengue. Notre guide Bidjool est passionĂ©. Il nous explique la vie de la ForĂȘt, du fleuve et les traditions de ses habitants


L’ancien ponton en T du camp de la transportation, oĂč dĂ©barquaient les bagnards, se trouve juste en amont des mouillages de la marina. Aujourd’hui, ses pilotis fabriquĂ©s Ă  partir du bois de balata rĂ©putĂ© pour ĂȘtre imputrescibles sont toujours visibles ! 

A notre arrivĂ©e Ă  Saint Laurent, en plein milieu de la zone de mouillage, nous remarquons une Ăźle qui n’apparaĂźt pas sur les cartes !! Il s’agit en rĂ©alitĂ© de l’épave de l’Edith Cavell. Un vapeur marchand britannique de 107 mĂštres Ă©chouĂ© fin 1924 et qui, au fil des ans, a Ă©tĂ© entiĂšrement colonisĂ© par la nature ! 

Tout au long de la remontĂ©e du fleuve nous croisons de nombreuses Ă©paves sur les rives du Maroni. Il s’agit de vapeurs abandonnĂ©s Ă  l’arrivĂ©e des bateaux Ă  propulsion au fuel. Un grand tournant pour l’économie de l’époque avec l’arrĂȘt des coupes de bois combustible. 

Les vapeurs rouillent, disparaissent mais les pirogues restent et se comptent par centaines. Elles restent le seul moyen de transport pour les riverains du fleuve. Une peu comme une voiture. 

Il y en a deux types : celles des AmĂ©rindiens qui naviguent uniquement dans l’estuaire, sont larges et se terminent par une haute Ă©trave. Alors que celle des Bushinenge, sont Ă©troites et longues, elles possĂšdent des extrĂ©mitĂ©s curvilignes adaptĂ©es au passage des rapides.

 

Exposition de rue Ă  la mĂ©moire des bushinengues (litt. NĂšgres des bois). 

En flĂąnant dans le centre-ville, nous dĂ©couvrons Ă  proximitĂ© de la gendarmerie, une exposition qui tĂ©moigne de la vie des Bushinengues. 

Au XVII et XVIII siĂšcles, le Maroni est la porte d’entrĂ©e des nouvelles populations. Aux colons europĂ©ens et leurs esclaves noirs, vont s’ajouter les Bushinenge, communĂ©ment appelĂ©s les « Noirs Marrons Â». Ce sont des esclaves surinamais qui ont fuit les plantations hollandaises pour s’installer sur les rives guyanaises du Maroni. Leurs descendants vivent toujours dans des quartiers ou dans les villages qui entourent Saint-Laurent.

L’exposition qui leur est consacrĂ©e, a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e Ă  partir de photographies conservĂ©es pendant plus de 60 ans dans les archives nationales de La Haye ! Elle entre en rĂ©sonance avec notre sortie en pirogue et notre visite du village bushinengue et apporte une perspective autre que la vision eurocentrique des sociĂ©tĂ©s de l’Ă©poque. 

Photos d’archives Expositions de rue

Mars 1952

LE PATRON

Piroguier Ă  l’arriĂšre, aussi appelĂ© « patron », en train de manƓuvrer sa pirogue.

Une pirogue Ă©tait gĂ©nĂ©ralement composĂ©e d’un lasi boto man (homme Ă  l’arriĂšre, aussi le chef d’Ă©quipe), de deux kulaman Ă  l’avant faisant avancer la pirogue Ă  l’aide de longs bĂątons, et Ă©ventuellement d’un angina basi (nom moqueur pour dĂ©signer celui qui ne fait rien Ă  part enlever le surplus d’eau).

Mars 1952

DES MARRONS EN TRAIN DE TIRER UNE PIROGUE DANS UN RAPIDE.

Photos aujourd’hui 

L’üle aux LĂ©preux

Nous poursuivons notre exploration du Maroni avec un arrĂȘt sur « l’üle aux lĂ©preux Â»qui permettait d’isoler les  bagnards atteints de la lĂšpre. Une 20aine de carbets rĂ©sistent au temps. Bidjool nous montre les restes d’une petite voie ferrĂ©e. Il nous explique que Saint-Jean-du-Maroni Ă©tait reliĂ©e Ă  Saint-Laurent par une voie chemin de fer Decauville. D’une largeur de 60 cm, sur dix-huit kilomĂštres, elle avait Ă©tĂ© construite pour Ă©vacuer les billes de bois du bagne forestier. Il fallait prĂšs de cinq heures au tortillard pour parcourir le trajet. Cette voie de chemin de fer servait aussi pour faire circuler le pousse. C’Ă©tait une sorte de wagonnet poussĂ© par deux bagnards munis d’une perche. Ce pousse Ă©tait Ă  la disposition du personnel administratif du bagne et de leur famille.

Nous filons avec notre pirogue direction une Ăźle situĂ©e en territoire surinamais pour une incursion magique au cƓur de la forĂȘt. Des arbres magiques, des papillons 🩋, un cacaotier. La petite pause pique-nique proposĂ©e par Bidjool, ravie nos estomacs. 

 

Au sortir de la forĂȘt nous abordons une Ă©trange formation rocheuse. Un lieu sacrĂ©, dont des pĂ©troglyphes gardent tout leur mystĂšre. 

Il est temps pour l’équipage de poser pieds Ă  terre pour dĂ©couvrir un village Bushinenge. Grands navigateurs, ils sont piroguiers, pratiquent l’agriculture et l’artisanat.

Bidjool, nous explique les mĂ©thodes de cultures du manioc (agriculture sur brĂ»lis) pour les plantations de manioc Ă  partir duquel sont fabriquĂ©s le Couac et les galettes de manioc. Elle sont l’équivalent de notre pain et se conservent plusieurs mois dans des caisses hermĂ©tiques. Il nous en a d’ailleurs apportĂ© une, que nous partageons. 

Vers 1955, sur le Tapanahony

UNE FEMME PRÉPARE LE COUAC (SEMOULE DE MANIOC GRILLÉE).

La prĂ©paration du couac est un long processus. D’abord, le manioc est Ă©pluchĂ©, mis Ă  tremper dans l’eau pour qu’il ramollisse et puisse ĂȘtre rĂąpĂ©. Ensuite, il fermente quelques jours pour ĂȘtre ensuite essorĂ© Ă  travers un matapi, cela permet d’en extraire le liquide toxique. Une fois sec, il est tamisĂ© et fin prĂȘt Ă  ĂȘtre cuit sur une grande poĂȘle mĂ©tallique. Le couac se consomme de plusieurs façons, notamment avec de la viande ou du poisson et des lĂ©gumes, tout comme le riz.

Nous dĂ©ambulons dans le village et rentrons un homme occupĂ© Ă  tresser des feuilles de palmier destinĂ©es Ă  servir Ă  la confection de toitures. 

Langa Uku, 1952

LE VILLAGE DE LANGA UKU SUR LA RIVIÈRE COTTICA, SURINAME.

Il semble que le temps c’est arrĂȘtĂ© ici. les photos de l’exposition de rue de Saint Laurent en sont la preuve. Pourtant leur mode de vie unique est aujourd’hui menacĂ© et susceptible de disparaĂźtre Ă  cause de l’expansion de la culture dominante occidentale
 Une vraie dĂ©couverte pour nous et nos enfants. 

A quelques encablures, nous rentrons dans un village amĂ©rindien. 

LĂ , nous avons un cours sur les mƓurs conjugales pratiquĂ©es dans les villages. La polygamie. Le rituel de la demande en mariage avec la libertĂ© de consentement de la femme. Le divorce. L’exclusion de la maisonnĂ©e des femmes lors de leur cycle menstruel. L’interdiction des veuves Ă  convoler avant 12 mois rĂ©volu, qui n’est pas sans rappeler notre loi sur le « dĂ©lai de viduitĂ© Â» qui imposait aux veuves et aux divorcĂ©es, jusqu’en 2005, une pĂ©riode de presque 10 mois avant de se remarier ! 

Encore une visite incroyable qui force le respect ! Un cours d’exception sur les diffĂ©rences culturelles et leurs origines. đŸ€©

Le Camp de la transportation ou la colonisation pénale

Une page de notre histoire occultée des manuels scolaires


Le camp de la transportation de Saint Laurent du Maroni. C’est une grande partie de l’histoire de la Guyane. Une visite passionnante d’une heure et demie dont nous ne sommes pas ressortis indemnes. 

Le bagne, conçu comme un outil de dĂ©veloppement de la Guyane sous NapolĂ©on III, est devenu le symbole de la terreur contre les petits et grands criminels de tout horizon (Intellectuels, artistes, ennemis politiques et religieux, français comme Ă©trangers notamment les indochinois et maghrĂ©bins). Les femmes n’y ont pas Ă©chappĂ©, avec le bagne du couvent pĂ©nitentiaire de Clugny. Entre 1852 et 1953, environ 70 000 transportĂ©s seront passĂ©s par cet enfer ! 

En 1923, Albert Londres, grand reporter de renommĂ©e internationale, rĂ©alise un reportage circonstanciĂ© sur le Bagne de Guyane : Cayenne, Saint Laurent du Maroni et les Ăźles du Salut. Il y dĂ©nonce les conditions de vie dĂ©plorables et les punitions arbitraires subies par les bagnards dans une lettre ouverte au prĂ©sidentxxxx. Dans son livre « Au Bagne Â», il retranscrit ses interviews des personnels pĂ©nitentiaires (notamment celui du bourreau Hespel dit « le chacal Â»), comme les tĂ©moignages de nombreux transportĂ©s (ceux de la bande Ă  Bono). Un livre Ă©difiant que j’ai lu d’une traite, qui m’a bouleversĂ©e. Je vous en conseille plus que vivement la lecture, surtout si vous envisagez un sĂ©jour en Guyane Française.

Si son intervention a permis une amĂ©lioration des conditions pĂ©nitentiaires dĂšs 1928 et dĂ©clenchĂ© un scandale au plan international, il faudra 30 ans aux autoritĂ©s françaises pour mettre un terme Ă  cette horreur. La fin du bagne est annoncĂ©e en 1946 et n’est rĂ©ellement effective qu’en aoĂ»t 1953, oĂč les 132 derniers condamnĂ©s quittent la « Terre de la Grande Punition ».

 PĂąques en Guyane 

Comme aux Antilles, PĂąques est une institution en Guyane. La communautĂ© crĂ©ole guyanaise est d’ailleurs Ă  l’origine du plat typique servi le dimanche, le fameux bouillon d’awara. ConstituĂ© d’un grand nombre d’ingrĂ©dients liĂ©s par la pĂąte du fruit d’Awara ( un fruit de palmier que l’on retrouve uniquement sur le plateau des Guyane). C’est un mets dont la prĂ©paration nĂ©cessite jusqu’Ă  trente-six heures de prĂ©paration ! Avec la complicitĂ© de Debohra, du bateau HĂ©lios, que nous dĂ©couvrons ce plat Ă  bord de Boomerang en compagnie de l’équipage de l’Ultime. 

D’aprĂšs la lĂ©gende, une princesse crĂ©ole (guyanaise) Ă©tait amoureuse d’un Blanc. Sa famille ne voulant pas de ce dernier, elle proposa de faire un plat oĂč elle mettrait toute la « Guyane dedans Â». Si le garçon l’aimait, les deux amoureux pourraient s’unir. La famille accepta, le garçon aima le plat et la fille et le jeune homme se mariĂšrent ❀! 

Un proverbe dit : « Si tu manges du bouillon d’awara
 en Guyane tu reviendras », qui sait ? 

La GoĂ©lette 

Voilà une adresse qui nous a comblée ! pour son histoire, mais aussi cÎté papilles avec pour ma part un tour en cuisine


En descendant le fleuve, Ă  quelques centaines de mĂštres de Saint Laurent du Maroni, « La GoĂ«lette » s’impose comme un mirage. PosĂ©e lĂ  sur les bords de la rive, on peut lire « bar restaurant » sur sa devanture? Cet intrigant bateau de rivage, en cale sĂšche depuis bientĂŽt 20 ans, est une page de livre Ă  lui seul. Sa carcasse de bois, repeinte mais un peu branlante, raconte une longue vie de pĂ©riples. Et pour cause, elle fut construite en 1948 en Ecosse. Devenue bibliothĂšque flottante, la GoĂ«lette a parcouru la planĂšte en distribuant au rythme des estuaires les milles histoires qu’elle contenait… L’Irlande, puis l’Afrique et enfin le BrĂ©sil. Elle jeta l’encre en Guyane en 1988, n’ayant plus la force d’affronter les marĂ©es. Aujourd’hui, cet emblĂ©matique restaurant est un lieu incontournable, authentique. On y mange une fine cuisine locale en profitant d’un cadre de bout du monde. 

Extrait du site : Easyvoyage. 

Et pour sa collection de serpents plus dangereux les uns que les autres đŸ€©

La Guyane et Ariane 5

Lever 5:00 du mat pour une virĂ©e Ă  Kourou pour assister en direct Ă  l’avant dernier lancement d’Ariane 5
 500 kms aller-retour Ă  travers la Guyane sur La RN1, dont une bonne partie sous une pluie diluvienne
 C’est bien lĂ  le problĂšme. La couverture nuageuse est telle, que le lancement est annulĂ© Ă  15’ du dĂ©part !! 👿 Grosse dĂ©ception, et pas le courage de reprendre la route le lendemain. Alors on suit tout ça Ă  bord sur le web. 

La Guyane site mondial de la ponte des tortues Luth et vertes

La plage des Hattes est situĂ©e Ă  l’embouchure du Maroni sur la commune d’Awala-Yalimapo Ă  une petite heure de Saint Laurent. Pour y accĂ©der nous empruntons une route qui traverse la magnifique rĂ©serve naturelle de l’Amana, et croisons un boa constrictor Ă©garĂ© sur l’asphalte


Nous arrivons au crĂ©puscule sur la plage des Hattes, plus grand site de pontes des tortues marines au monde ! GrĂące aux guides, trĂšs sympathiques, de l’association Kwata rencontrĂ©s sur la grĂšve, nous assistons Ă©merveillĂ©s Ă  la ponte de deux tortues vertes. 45 minutes de travail minutieux et prĂ©cis pour enfouir leurs Ɠufs Ă  60-70 cm sous terre. Dans 2 mois les tortillons sortiront 😘

Difficile de prendre photo et vidĂ©o mais je vous en mets quand mĂȘme. 

Le moment est magique et restera gravĂ© dans nos mĂ©moires. Si l’expĂ©rience vous tente, rendez-vous sur le site de l’association pour connaĂźtre les recommandations pour prĂ©server la tranquillitĂ© des tortues (Association Kwatahttps://www.kwata.net â€ș tortues-mar…Association Kwata – Tortues marines). PrĂ©voir de l’eau, une collation et surtout pensez Ă  prendre votre anti moustique🩟 

Kadim Khan de l’association Kwata, nous envoie le lendemain, la photo d’une magnifique tortue luth en plein travail
400-500 kgs quand mĂȘme ! Incroyable ! 

Les chercheurs d’or : l’eldorado Guyanais 

La ruĂ©e vers l’or, qui dĂ©bute peu aprĂšs l’abolition de l’esclavage, vers 1850, rĂ©volutionne la sociĂ©tĂ© guyanaise. Les esclaves libĂ©rĂ©s dĂ©laissent les plantations et partent Ă  la recherche de l’or, ils sont rejoint par les crĂ©oles venus de la CaraĂŻbe (Martinique, Guadeloupe, Dominique et Sainte-Lucie). Tous installĂ©s dans la rĂ©gion de Saint-Laurent, ils creusent des mines dans les forĂȘts et y dĂ©veloppent le commerce de l’or. C’est la disparition Ă©conomique des Blancs crĂ©oles, ruinĂ©s. 

Depuis, des milliers de chercheurs d’or clandestins se sont installĂ©s en Guyane bravant les autoritĂ©s, vivant dans la violence et en butte au paludisme. DĂ©nommĂ©s garimpeiros, ils sont actuellement la cause des ravages sociaux, sanitaires et environnementaux. L’utilisation du mercure et du cyanure pour amalgamer l’or empoisonne fleuve et affluents, tribus d’AmĂ©rindiens, et dĂ©figure la forĂȘt. 

La Guyane : plaque tournante mondiale du trafic de cocaĂŻne, un flĂ©au pour les jeunes 

Notre amie DĂ©borah travaille Ă  l’hĂŽpital de Saint Laurent du Maroni. En poste depuis quelques mois dĂ©jĂ  elle a Ă©tĂ© confrontĂ©e aux ravages que le trafic de drogue engendrĂ© dans les populations. Elle a notamment eu Ă  intervenir plusieurs fois pour sauver des « mules Â». Impossible de ne pas ĂȘtre sensible Ă  la misĂšre sociale qui secoue ce dĂ©partement de France. Quel fossĂ© entre la mĂ©tropole et cette ancienne colonie
Pour en savoir plus, je vous invite Ă  lire, l’édifiante enquĂȘte rĂ©alisĂ©e par le journal le Monde sur ce sujet : https://www.lemonde.fr/societe/video/2023/04/16/enquete-video-comment-la-guyane-est-devenue-une-plaque-tournante-du-trafic-de-cocaine_6169707_3224.html

Dernier village amérindien de Coswine dans une crique du Maroni avant le départ

David le responsable de la Marina, nous avait donnĂ© un plan pour remonter toutes les criques (riviĂšres secondaires du Maroni) jusqu’au village de Coswine, village amĂ©rindien en plein milieu de la ForĂȘt. Un autre copain bateau croisĂ© au BrĂ©sil, y avait passĂ© deux jours formidables en jouant Ă  la pĂ©tanque avec les locaux et surtout en ramenant sur 1,4 kms dans la ForĂȘt, une pirogue qu’ils avaient taillĂ©s dans un arbre. Nous nous devions donc de vivre cette expĂ©rience hors du commun. Malheureusement comme souvent pour nous en Guyane, le sort en a dĂ©cidĂ© autrement. Nous avons donc remontĂ© le dernier bras de RiviĂšre pour mouiller en face du village. Le courant est fort et nous avons du nous y reprendre Ă  plusieurs fois, pour mouiller correctement. Durant la journĂ©e et la nuit l’alarme de mouillage a sonnĂ© rĂ©guliĂšrement et c’Ă©tait une vrai prise de tĂȘte car les repĂšres Ă  terre Ă©taient immuables.

AprĂšs le repas du midi, nous dĂ©cidons de descendre Ă  terre pour rencontrer ce village si accueillant pour les autres bateaux de passage. Quelle surprise ! Le village est vide , aucun habitant , les maisons et les affaires restent lĂ , sans aucune vie, Ă  part quels chiens venuent nous faire la fĂȘte.

A ce moment lĂ , on se pose pas mal de questions dans ce village abandonnĂ©e. Nous retournons donc sur le catamaran en attendant que la nuit arrive. La forĂȘt d’un coup se rĂ©veille, les bruits de la faune nous envahissent ainsi que des hordes de moustiques. Nous nous calfeutrons dans le bateau dans une moiteur inimaginable.

A terre, les groupes Ă©lectrogĂšnes se mettent en route, les lumiĂšres s’allument, sans qu’aucune Ăąme n’apparaisse…

Autant vous dire qu’on flippe un peu cette derniĂšre nuit, seul dans ce bras de riviĂšre en face de ce village abandonnĂ© et sans vie.

La nuit n’aura pas Ă©tĂ© rĂ©paratrice avant notre dĂ©part le lendemain pour les Antilles.

 

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