Lors de notre premiĂšre transat, pris dans lâeffervescence gĂ©nĂ©rale des prĂ©parations, nous ne nous Ă©tions que trĂšs peu intĂ©ressĂ©s Ă lâĂźle de Sao Vicente et sa capitale, Mindelo. Heureusement, lâoccasion nous est donnĂ©e dây retourner. Nous allons y passer NoĂ«l avec nos copains bateau Ksar et Cat Kairos, avant de retourner Ă Sal, rĂ©cupĂ©rer nos Ă©quipiers pour poursuivre la dĂ©couverte des iles du sud du Cap Vert. Câest donc loin des prĂ©occupations des candidats Ă la traversĂ©e, que nous dĂ©couvrons cette Ăźle et cette ville mythique, Mindelo, la ville natale de la « diva aux pieds nus », CĂ©saria Evora.Â
Lâessentiel du petit marin Ă Mindelo
Mouillage dans la baie de Porto Grande par 4 à 5 mÚtres sur fond de sable. Attention aux nombreuses épaves qui encombrent le port.
Accostage possible sur la plage à droite de la marina ou au ponton du bar flottant, contre consommations. (Ils ne font plus payer comme voici 3 ans)
Ne pas stationner à proximité du cargo Enamar, qui doit traverser le mouillage réguliÚrement.
Recharge de gaz possible au niveau de la station essence à proximité de la tour de Bélem.
Petit Ship en centre-ville.
Le tour de Sao Vicente,
A peine arrivĂ©s, nous organisons avec nos amis, un tour de lâĂźle. JosĂ©, sera notre guide.Â
Sao Pedro, village de pĂȘcheurs
Nous embarquons Ă bord de lâaluger (transports collectifs) de Val, qui sera notre chauffeur pour la journĂ©e, direction la plage de Sao Pedro. Aucun bateau au mouillage ce matin-lĂ . Aucun touriste. La baie, oĂč lâon peut observer les tortues, sâoffre Ă nous, vierge, nous livrant toute sa splendeur. Nous parcourons son sable blanc, passons devant les barques colorĂ©es des pĂȘcheurs du village adossĂ© Ă flanc de montagne. JosĂ© nous guide vers un promontoire rocheux qui surplombe la mer. Une vingtaine de jeunes sâaffairent Ă extraire la chair des buzios pĂȘchĂ©s alentours par 30 mĂštres de fond. Petit tour dans le village, avec un arrĂȘt Ă la supĂ©rette pour y acheter des bonbons Ă offrir aux enfants des villages, câest bientĂŽt NoĂ«lâŠ
Le parc naturel du Monte Verde
AprĂšs avoir parcourus quelques kilomĂštres au travers dâune plaine verdoyante, oĂč poussent des agaves, nous commençons lâascension des pentes abruptes de ce mont, le plus haut de lâĂźle, culminant Ă 774 mĂštres. Au fur et Ă mesure de la montĂ©e, les panoramas se dĂ©voilent. La route pavĂ©e, Ă©troite, est Ă flanc de montagne, avec des vues imprenables et vertigineuses. Nous stoppons lâaluger Ă un mirador, oĂč un Italien a installĂ© un cafĂ©. En contre-bas, Mindelo et la baie de Porto Grande sâoffrent Ă nous. Le groupe randonne pendant quelques centaines de mĂštres pour atteindre le point culminant, oĂč est installĂ© une base militaire. Ici, les paysages sont grandioses, un mĂ©lange du vert des terres cultivĂ©es, du bleu de la mer et de toutes les nuances de gris et dâocre des roches. Les panoramas englobent toute lâĂźle et Ă lâhorizon, voilĂ©s par la brume de lâHarmattan (brume sĂšche chargĂ©e de poussiĂšre de sable), se dessinent les silhouettes de Santa Antao et Santa Luzia. Superbe ! Sur le chemin du retour, un militaire nous offre des petites tomates cerises.
Salamanza, un village Ă part,
Un petit coup de cĆur pour ce village de pĂȘcheurs de 2000 Ăąmes, qui jouxte une immense plage de rouleaux, de plus en plus prisĂ©e par les kite-surfeurs. JosĂ© nous entraine dans ses rues pavĂ©es, bordĂ©es de maisons colorĂ©es. Deux anciennes pĂȘcheuses du village, nous regardent amusĂ©es. Nous Ă©changeons quelques mots, elles acceptent que je les photographie. Ici, il nây a pas dâeau courante. Les familles les moins aisĂ©es sâapprovisionnent par bidons aux fontaines collectives, appelĂ©es « fontenario », les autres possĂšdent une citerne sur leur toit, approvisionnĂ©e par camion-citerne toutes les semaines. Elles nous rappellent que cette Ăźle est une des plus arides du Cap vert. A Sao Vicente, le climat extrĂȘmement sec, a toujours posĂ© un problĂšme dâapprovisionnement en eau. Il a Ă©tĂ© partiellement rĂ©solu par lâinstallation dâune usine de dĂ©salinisation, mais tous les villages nây sont pas raccordĂ©s.Â
Dans le village, abritĂ© par les dunes de sable du bord de mer, des troupeaux de chĂšvres se baladent et paissent en libertĂ©. Nous nous rendons Ă lâĂ©cole pour y apporter nos bonbons. Elle est fermĂ©e, pour vacances scolaires, mais trĂšs vite des enfants nous y retrouvent. Une jeune fille nous vend des pastels au thon, dĂ©licieux et providentiels. Il est dĂ©jĂ midi bien tassĂ© et les ventres apprĂ©cient cet encas, avant de reprendre la route qui nous mĂšne vers notre restaurant Ă la pointe de Calhau.
Baia das Gatas et les dunes de Praia Grande,
Ce village est particuliĂšrement apprĂ©ciĂ© des Mindelenses, qui y ont construit leurs rĂ©sidences secondaires, pour profiter pleinement des piscines naturelles hyper protĂ©gĂ©es qui le bordent. Au loin plus au sud, lâimmense dune blanche de Praia Grande se dessine. Nous y faisons un stop magique.La scĂšne gigantesque en dur trahit lâorganisation du plus grand festival du Cap Vert : le festival de las GĂątas accueillant les plus grands artistes mondiaux.
Calhau, coincé entre deux volcans,
Câest un village de pĂȘcheurs, mais qui tend Ă concurrencer Baia das Gatas, comme lieu de villĂ©giature le week-end. SituĂ© au pied dâun massif volcanique inactif, il offre une vue imprenable sur lâĂźle de Santa Luzia, seulement Ă quelques encablures. Val notre chauffeur, y est nĂ© et le connait comme sa poche. Il rĂ©ussit Ă nous fournir en crevettes fraiches, Ă©levĂ©es sur place.Â
La route des oasis,
Il est temps de rentrer, nous empruntons une route traversant des villages regroupĂ©s autour de palmeraies. Des moulins Ă vent extraient lâeau des sous-sols et permettent dâirriguer les nombreuses plantations. Les femmes de cette rĂ©gion proposeront leur rĂ©colte Ă Mindelo, au mercado municipal, sur la place du marchĂ© ou dans les rues portant le fruit de leur labeur sur leur tĂȘte, dans de grandes bassines.
Nous finissons la journĂ©e par un traditionnel apĂ©ro au « Bar flottant » du port. Jây rencontre une famille allemande avec 4 jeunes enfants, qui vivent depuis 5 ans sur leur catamaran « Zoé ». Margot, la maman, me propose de la retrouver pour des cours de capoeira ouverts Ă tous. Elle sây rend avec son fils Nils ĂągĂ© de 10 ans, ses deux sĆurs et leur petit frĂšre ĂągĂ© de 18 mois. Un moment de convivialitĂ©, oĂč enfants et adultes de toutes nationalitĂ©s se cĂŽtoient en toute simplicitĂ©.
Charles y fait la connaissance de Nils, lâainĂ© de la famille, ĂągĂ© de 10 ans. Leur complicitĂ© est rĂ©elle, malgrĂ© la barriĂšre de la langue. InvitĂ© Ă bord, Nils nous parlera dans un anglais parfait, laissant Charles sans voixâŠ
Mindelo et son histoire
Nous arpentons les rues de Mindelo dans tous les sens. Retrouvons nos adresses : le mercado municipal, le marchĂ© aux lĂ©gumes et aux poissons, une petite boucherie (face Ă la station essence Ă proximitĂ© de la tour de BĂ©lem) et une excellente boulangerie avec un pain croustillant (demander le rustique), un glacier excellent dans une rue adjacente Ă lâaire de jeux pour enfants.Â
Nous profitons de nos balades pour nous imprĂ©gner de lâatmosphĂšre particuliĂšre de Mindelo.
La ville est enchĂąssĂ©e dans la baie de Porto Grande et son centre-ville jouit de places spacieuses et de larges avenues rectilignes qui dĂ©tonnent avec ceux des autres Ăźles. Il y rĂšgne une atmosphĂšre entre le « british » avec des monuments coloniaux assez prĂ©servĂ©s et une note portugaise, avec quelques anciennes « Sobrados » et la rĂ©plique de la tour de BĂ©lem. La praça Nova et son kiosque style baroque, avec le centre national de lâartisanat, dont le toit est couvert de couvercles de futs peints de toutes les couleurs, rappelant que bon nombre des bidonvilles des pĂ©riphĂ©ries les utilisaient. Le palais du gouverneur et la place du LycĂ©e qui forma lâĂ©lite Cap-verdienne. La petite place Praçinha de Igreja, la plus ancienne de la ville et son Ă©glise. De belles fresques murales dissĂ©minĂ©es dans toute la ville, illustrent la vie locale. Â
Lâexploration de cette ville, mythique pour les navigateurs, mâapprend que Sao Vincente a Ă©tĂ© la derniĂšre ile du Cap vert Ă ĂȘtre peuplĂ©e, longtemps aprĂšs les autres. Je savais que la dĂ©couverte de ce petit pays, archipel de 10 iles, repĂ©rĂ© au XIIĂšme siĂšcle par les gĂ©ographes arabes et vraisemblablement habitĂ© par des pĂȘcheurs africains venus des cĂŽtes du SĂ©nĂ©gal, nâavait pris son envol quâĂ partir du XVĂšme siĂšcle, avec lâarrivĂ©e en 1462 des portugais. Mais quand Antonio Noli et sa famille dĂ©barquent avec dâautres colons du sud de lâAlgarve et de lâAlentejo, ils nâoccupent que les Ăźles de Santiago et de Fogo. Les Ăźles de Boa Vista, de Maio, Sal, ne seront colonisĂ©es que plus tard Ă la dĂ©couverte de leur mines de sel ; Ă lâinstar de Santa Antao et Sao Nicolao, pour leurs vallĂ©es fertiles. Sao Vicente, elle, nâest seulement peuplĂ©e quâĂ partir de 1838 avec lâouverture de dĂ©pĂŽt de charbon par les anglais dans la baie de Praia Grande. Son histoire est donc toute rĂ©cente !
Impossible pour moi de vous parler de Mindelo sans aborder quelques notions de son histoire.
Il faut bien comprendre quâau cours des XViĂšme et XVIIĂšme siĂšcles, lâarchipel du Cap Vert, situĂ© au carrefour des AmĂ©riques, de lâAfrique et de lâEurope, occupe, une position stratĂ©gique dans le commerce triangulaire. Escale incontournable pour le ravitaillement en eau, vivres, il Ă©tait devenu un entrepĂŽt spĂ©cialisĂ© dans le commerce de la canne Ă sucre, du coton, mais surtout du « bois dâĂ©bĂšne ». Pendant les deux premiers siĂšcles de sa colonisation, les esclaves Ă©taient sa principale marchandise. CapturĂ©s en Afrique, entreposĂ©s au Cap Vert, ils Ă©taient« exportĂ©s » vers le BrĂ©sil pour les plus solides, les plus faibles demeurant sur place, exploitĂ©s dans les plantations de coton et de canne Ă sucre des grandes familles de colons.Â
Au XVIIĂšme siĂšcle, câest le dĂ©clin du Cap Vert. Le Portugal perd le monopole du commerce des esclaves et le contrĂŽle des mers. Les nĂ©griers ne sont plus contraints de sâarrĂȘter dans lâarchipel. La Gambie et lâĂźle de GorĂ©e deviennent des concurrents directs du Cap Vert, ce qui va entrainer la ruine et lâabandon de nombreuses plantations et une vague dâĂ©migration vers le BrĂ©sil. Dâanciens esclaves prennent alors possession des terres.Â
En 1810, le Portugal se dĂ©sintĂ©resse alors du Cap Vert et signe un traitĂ© avec les anglais, leur octroyant le contrĂŽle du commerce et de lâĂ©conomie. Les anglais misent sur Midelo et sa grande baie abritĂ©e, pour fournir aux navires marchands lâavitaillement nĂ©cessaire aux traversĂ©es, notamment le charbon. Les vapeurs affluent et font prospĂ©rer la ville pendant quelques dĂ©cennies, gĂ©nĂ©rant les plus grosses recettes de la colonie. A la fin du 19iĂšmĂš, câest prĂšs de 1500 navires qui y mouillent chaque annĂ©e ! La ville grandit Ă vue dâĆil et se peuple de quantitĂ© de voyageurs, commerçants, navigateurs au long cours. Lâambiance bas son plein, lâalcool coule Ă flot dans les bars, les filles de joie entrainent tout ce joli monde dans une effervescence nonchalante. En 1866 câest enfin lâabolition de lâesclavage.
Nous dĂ©couvrons dans nos balades en centre-ville, notamment sur la praça Estrela, immense bazar oĂč lâon trouve de tout, de nombreuses Azulejos (fresques portugaises en cĂ©ramiques bleues), illustrant magnifiquement cette pĂ©riode.Â
Au 19iĂšme siĂšcle, les sociĂ©tĂ©s exploitantes, usent et abusent de ce territoire, tirant leurs profits au maximum, sans pour autant apporter les dĂ©veloppements nĂ©cessaires Ă sa prĂ©servation. Les coupent incontrĂŽlĂ©es du bois, lâĂ©rosion des sols et une succession de grandes sĂ©cheresses (12 rien quâau 19iĂšmesiĂšcle, dont la pire dure 3 ans et voit mourir prĂšs de 30000 personnes), mettent Ă mal les exploitations agricoles des Ăźles, dĂ©cimant une bonne partie de la population.Â
Le boom de la rĂ©volution industrielle, avec lâarrivĂ©e du fuel met un coup dâarrĂȘt au dĂ©veloppement exponentiel de Sao Vicente. Mindelo est dĂ©laissĂ©e par les navires marchands qui leur prĂ©fĂšrent Dakar ou les Canaries. De nombreux Cap Verdiens sont contraint Ă lâexode. Ils quittent leur pays pour sâinstaller au Portugal, au BrĂ©sil aux Ă©tats Unis. Aujourdâhui la diaspora Cap Verdienne reprĂ©sente une communautĂ© de prĂšs de 800000 personnes, soit plus du double de la population de lâarchipel ! Elle joue toujours un rĂŽle considĂ©rable aujourdâhui comme nous auront pu nous en rendre compte au grĂ© de nos Ă©change avec les locaux.Â
A la fin de la premiĂšre guerre mondiale, le Cap vert est tombĂ© dans lâoubli. Lâexode Cap-Verdien se poursuit. Les mouvements indĂ©pendantistes qui secouent lâensemble des colonies africaines, inspirent Amil Cabral et quelques autres cap-verdiens Ă se libĂ©rer de la tutelle du Portugal. Une guerre sans pitiĂ© est lancĂ©e par le dictateur fasciste Salazar. Amil Cabral sera assassinĂ© en 1972, 3 ans avant lâindĂ©pendance du Cap Vert, le 5 juillet 1975.Â
En arrivant au pouvoir, les nouveaux dirigeants hĂ©ritent dâun pays dĂ©nuĂ© de ressources, sans aucune industrie, avec une population passive et fataliste. La crise est totale et la seule solution possible est lâaide internationale (alimentaire, puis financiĂšre) et les transferts de nombreux Ă©migrĂ©s Cap-verdiens. Comme pour beaucoup dâautres Ăźles, isolĂ©es, bĂ©nĂ©ficiant de peu de ressources naturelles, le Cap vert est dĂ©pendant Ă 85% de ses besoins alimentaires. Le tourisme sâavĂšre ĂȘtre une des solutions pour assurer le dĂ©veloppement du pays.
Câest dans ce contexte historique, Ă Mindelo que naĂźt et vit CĂ©saria Evora.
Mindelo, et la musique omniprésente.
De tout temps, chanter et danser est essentiel pour les Cap verdiens. Du plus jeune au plus vieux aucun ne vit sans la musique locale. Tout est prĂ©texte Ă faire la fĂȘte et nâimporte quel objet peut servir dâinstrument de musique. Il est de coutume au Cap Vert de se retrouver le soir dans les cafĂ©s ou les restaurants, entre amis et de chanter accompagnĂ© de guitares, congasâŠou autres instruments. Un groupe de fĂȘtards se forme au fur et Ă mesure que sâĂ©grĂšnent les heures. Câest une façon dâoublier les peines et les difficultĂ©s de la vie quotidienne.
Notre visite du musĂ©e de CĂ©saria Evora et la lecture de sa biographie, nous Ă©claire sur lâimportance presque vitale de la musique au Cap Vert. A lâaube de ses 50 ans, la « Diva aux pieds nus », avec sa voix inĂ©galable pour chanter les Morna et les Coladeras, aura fait dĂ©couvrir, au monde entier, une partie de la culture de ce petit pays. ParticuliĂšrement attachĂ©e Ă ses racines, chacune de ses chansons parle de lâhistoire du Cap Vert, toujours en crĂ©ole. Tout au long de notre sĂ©jour au Cap Vert, nous mesurons combien elle a contribuĂ© Ă faire sortir le Cap Vert de son anonymat. Ici, elle est presque vĂ©nĂ©rĂ©e. Tous, jeunes comme les vieux, connaissent sa vie, et chacun nous raconte des anecdotes.Â
Ecouter CĂ©saria, câest comprendre lâhistoire de ce petit pays. Jâai un faible pour les Mornas de CĂ©saria et des autres chanteurs emblĂ©matiques du Cap Vert (Luis Morais, et B. Lenza). Elles sâapparentent au Fado portugais. MĂ©lancoliques ces chansons, Ă©voquent lâamour et surtout la nostalgie et lâhistoire de tout un peuple meurtri par lâesclavage, les sĂ©cheresses, la faim et lâĂ©migration contrainte. Son titre « Sodade » est emblĂ©matique Ă mes yeux. Il nous aura fallu un peu de temps pour traduire ce mot, comprendre sa signification. En crĂ©ole, « avoir la Sodade », câest ressentir de lâexcitation Ă lâidĂ©e de jours meilleurs dans un monde nouveau, tout en Ă©tant triste de devoir quitter ce/ceux quâon aime⊠A ne pas en douter, nous aurons la sodade quand nous quitterons ce merveilleux pays.Â
CĂ©saria câest aussi la spĂ©cialiste de la Coladeira, avec notamment la chanson « Terezinha » que nous aurons tellement apprĂ©ciĂ©e lors de notre sĂ©jour Ă Palmeira au bar dâArminda. TrĂšs rythmĂ©e cette musique Ă mi-chemin entre les rythmes africains et brĂ©siliens est plus frivole et canaille, comme son interprĂšte a su lâĂȘtre. Une femme libre, au tempĂ©rament trempĂ© et au cĆur dĂ©bordant de gĂ©nĂ©rositĂ©. Câest aussi cette facette qui fascine.Â
Toute une nouvelle gĂ©nĂ©ration de chanteurs Cap-verdiens sâinspire de CĂ©saria. En cette veille de NoĂ«l, nous dĂ©cidons dâassister au concert de Ze Delgado au Mindel HĂŽtel. Il y fĂȘte ses 25 ans de carriĂšre et semble jouir dâune sĂ©rieuse rĂ©putation. Le dĂ©but de concert donnĂ© pour 22h00, ne commencera en rĂ©alitĂ© que peu avant minuit. Câest comme ça ici. « Tranquille » qui est lâĂ©quivalent du « No Stress ». Un concert haut en couleurs. Les Cap Verdiens de la diaspora sont prĂ©sents et sur leur 31 ! Lâambiance est bon enfant, les spectateurs chantent et dansent, tandis que les heures sâĂ©grĂšnent.Â
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Noël à Mindelo,
Les enfants le prĂ©parent depuis des jours. Ils ont prĂ©vu de sâoffrir des petits cadeaux, des choses toutes simples juste pour faire plaisir. Ils se retrouvent au parc de jeux pour cette occasion. Pour le rĂ©veillon, ça sera sur Boomerang en compagnie de Ksar, autour dâun canard Ă lâorange fondant. Une soirĂ©e en toute simplicitĂ©, Ă lâinstar de toute la ville de Mindelo. Ici, NoĂ«l, câest en « famille ». Les rues se sont vidĂ©es, les commerces, les bars et les restaurants ont fermĂ© tĂŽt. Rien Ă voir avec lâeffervescence qui sâannonce pour le 1er de lâan !
Dans les pas de Césaria,
Avant notre dĂ©part, impossible de faire lâimpasse sur Loutcha. VĂ©ritable institution Ă Mindelo tout le monde connaĂźt son restaurant. Chez Loutcha câest Ă Mindelo mais aussi Ă Calhau. Le week-end câest buffet Ă volontĂ© accompagnĂ© dâun orchestre. CĂ©saria et Loutcha Ă©taient amies. Elle sây rendait rĂ©guliĂšrement pour y chanter pour le plaisir. Nous allons Ă Calhau en empruntant le minibus mis Ă disposition par le restaurant pour y retrouver 3 bateaux copains.
A notre arrivĂ©e, nous sommes accueillis par la fille de Loutcha qui lui a succĂ©dĂ©e. Lâambiance est dĂ©contractĂ©e. Elle nous explique quâau premier son de cloche, le buffet qui dĂ©borde de spĂ©cialitĂ©s sera ouvert Ă tous les appĂ©tits. Chose dite, chose faite !
Nous faisons la rencontre de deux cousines qui « sortent » leur grande tante de 93 ans. Cette femme, mâinterpelle car elle est dĂ©bordante dâĂ©nergie. Infatigable, elle martĂšle la table de ses doigts fins aux rythmes des Mornas et Caldeiras. Elle mâapprend quâelle y retrouve lâatmosphĂšre de ses jeunes annĂ©es, quand son mari alors musicien venait y jouer. Nous Ă©changeons longuement avec les deux cousines, toutes deux revenues au pays aprĂšs avoir fait carriĂšre Ă lâĂ©tranger. Charles qui est parti Ă la pĂȘche aux oursins, leur en offre en cadeau. Il paraĂźt quâautrefois, ils Ă©taient cuits Ă lâĂ©touffĂ© sous la cendreâŠÂ
La chanteuse et ses musiciens, accompagnĂ©s de danseurs professionnels, nous offrent un spectacle joyeux et farceur. Les danses traditionnelles ne manquent pas de peps et dâhumour. TrĂšs vite on se prend au jeu et on entre en piste !
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Ce nâest quâun au revoir, ou le dĂ©part pour Sal
Et oui, toute bonne chose ayant une fin, il est temps pour nous de quitter nos copains bateau Ksar et Cat Kairos. BientĂŽt 2 mois que nous arpentons ensemble ce petit pays. Que de souvenirs ! Câest donc le cĆur, lourd que nous quittons Mindelo direction Palmeira, Ă Sal. Ce nâest quâun au revoir Ă coup sĂ»r ! Oui nous nous reverrons les amis, dans quelques mois, de lâautre cĂŽté !

