Après trois semaines passées sur l’île voisine, Sal, nous décidons avec notre association de bateaux copains BooKsaKai, le monocoque Ksar et le Lagoon Cat Kairos de rejoindre Boavista plus au sud. Boa Vista fait partie des îles BarlaVento, les îles au vent de l’archipel Cap-Verdien.

Nous avions envisagé un temps, de descendre sur le Sénégal pour visiter le Sine Saloum et la Casamance, pour ensuite rejoindre l’archipel des Bijagos, mais le projet par faute de temps et après quelques ennuis techniques, n’a pas abouti.

Après une navigation tranquille au portant, nous approchons de Sal Rey, la ville principale, en contournant par l’ouest, puis le sud l’îlot de Sal Rey pour rentrer dans la zone de mouillage. La passe est assez large et en même temps étroite avec des déferlantes à gauche et à droite qui impressionnent.

L’essentiel du petit Marin à Boa Vista 

Le mouillage est situé derrière l’îlot de Sal Rey, mais est éloigné de la ville et un moteur d’annexe qui fonctionne est essentiel. Sur le trajet vers la ville, certains hauts fonds peuvent créer une houle de travers à négocier correctement. Les annexes sont ensuite laissées sur la plage à gauche du dock. 

La houle résiduelle quasi permanente rend le mouillage particulier !

Nous avons vécu un épisode de grosse houle, pouvant être dangereuse dans ce mouillage, mais ce phénomène est très rare d’après les locaux.

La ville de Sal Rey est agréable, safe et calme. Elle est bien achalandée en tout : épicerie, boucherie etc. 

Le tour de l’île peut-être organisé avec Momo Tour Boavista (+2389345418) un guide sénégalais, connaissant parfaitement l’ile, avec la possibilité de découvrir les principaux sites sur une journée. Le 4×4 est obligatoire car les pistes sont nombreuses. 

La police, comme pour toutes les autres îles du Cap-Vert, garde les papiers du bateau pendant le séjour.

Il existe aussi un autre mouillage au sud de Lille, appelé « Boca Beach » sur la plage de Santa Monica. Cette longue plage de sable, sauvage, est magnifique, mais le débarquement en annexe peut-être compliqué. À noter que la petite paillote sur la plage est sympathique et située dans un cadre unique. 

Nous passons deux jours à découvrir, Sal Rey, faire l’approvisionnement et prendre du bon temps, notamment sur la plage sud de la petite ile en face de nous. Un imposant fort construit par les Portugais pour lutter contre les attaques de pirates, siège en son centre. Même Tayro débarque à terre, et s’éclate dans le sable.  Baignade, bronzette, et jeux sur la plage dans une ambiance de colonie de vacances.

Nous prévoyons un tour de l’île avec Momo (contact donné par un bateau copain), mais très vite, la météo à venir, nous interpelle !
Une grosse houle passant de nord nord-est à nord-ouest doit arriver ces prochains jours. Dans les conditions normales, le mouillage est déjà particulier, mais là, le risque que les conditions empirent, va croissant.

Et cela se confirme à l’aube du troisième jour : un choc violent réveille Boomerang. Nous sortons de nos cabines, les yeux à peine ouverts, pour faire un état des lieux. Une houle de plus en plus importante rentre par l’ouest du mouillage et les bateaux la reçoivent de côté. Je décide donc de lever l’ancre immédiatement et passe l’information à nos bateaux copains. Nous ne connaissons pas à l’instant, notre destination, mais nous devons tout faire pour quitter ce piège, rapidement. Une fois sortis de la passe, la décision est prise de rejoindre le mouillage de Boca Beach au sud de l’île.

 

La grosse houle venant de l’Atlantique Nord façonne des images de déferlantes, juste apocalyptiques sur la côte de Boavista. Nous arrondissons donc largement toutes les pointes, en espérant trouver au sud des conditions plus clémentes. Après quelques heures de navigation, nous mouillons en pleine mer, à 1 mile des côtes, face à une plage sauvage.

Nous passons deux jours seuls au monde à essayer de débarquer en annexe, mais sans moteur car nous devons jouer dans le shore break de cette plage sauvage de Santa Monica. Nous devons en fait récupérer les papiers du bateau que chaque île du Cap-Vert conserve le temps du séjour.

La troisième tentative, le troisième jour, sera la bonne. La famille Boomerang 2 pose pieds sur la plage en évitant le pire car Camille passe sous l’annexe dans le débarquement. Après une petite marche, nous rejoignons la petite paillote, sans oublier de contempler les vieilles ruines qui constituait l’habitat des premiers habitants de l’île. Ce midi on se fait plaisir avec poisson grillé et autres spécialités. Comme toujours Geneviève s’invite dans les cuisines afin de glaner ici ou là, quelques recettes. Le moment est très sympathique et en rupture avec notre isolement des derniers jours.


Nous en profitons pour organiser un tour de l’ile sur un jour avec Momo, qui viendra nous chercher sur la plage. Le lendemain matin, après un débarquement mieux controlé direction le pick-up 9 places et tout le monde dans la bétaillère.

Nous rejoignons le réseau routier, principalement constitué de routes pavées, par une piste digne d’un décor de cinéma marocain. Les premiers kilomètres nous offrent du désert de roche et de sable entre le mont Santo Antonio, à l’allure altière, et la blancheur immaculée de la réserve de Moro d’Areia, pour ensuite rejoindre Sal Rey.

Après des formalités, un peu longues, pour récupérer nos papiers, le tour peut commencer en traversant tout d’abord les bidonvilles de Sal Rey, le Bairro de Bon Esperanza qui offre un accueil bruyant et cordial. Tous les visages s’illuminent d’un sourire et malgré des conditions de vie difficiles, tout un chacun ici, semble heureux de son sort. Le bidonville est progressivement rasé pour reloger toutes ces familles dans des logements sociaux neufs.

Sur la route nous longeons les anciennes salines, exploitées pendant des années par les Anglais. Cette exploitation constituait avec l’élevage du bétail, la principale ressource de l’île. Nous rejoignons ensuite la côte nord et la célèbre Cabo Santa Maria, par des pistes de pierre laissant place à des pistes ensablées, longeant des murets, construit par l’homme pour limiter l’érosion, et serpentant entre une végétation rase que l’on peut comparer à l’herbe à chameau africaine.

Soudain, le Cabo Santa Maria s’offre à nous et on distingue au loin, l’épave du cargo éponyme, piégé il y a 50 ans sur cette plage monumentale. Cette épave est devenue un symbole de Boavista et du Cap-Vert et illustre bon nombre de cartes postales, livres et magazines, mais cette épave et sa cargaison de maïs, a surtout permi aux habitants de Boa Vista d’échapper à la mort et de nourrir des familles entières pendant la grande famine de la fin des années 60.





Nous revenons sur nos pas pour déjeuner dans le patio d’un restaurant sympathique et délicieux dans le village de Fundo das Figueras, village fleuri par des buissons d’hibiscus et de bougainvilliers. Nous nous baladons, pour la digestion, à travers ce village, aux maisons colorées et au volets contrastés. Autre particularité et pas des moindre, avec des milliers d’araignées tissant leur maison où bon leur semblent. Avant de partir, nous passons devant la jolie église qui accueille tous les mois de juin, les festivités de Sao de Johan Baptista, avec notamment des courses de chevaux très renommées.



Nous reprenons la route en empruntant la route 66, fierté de Boavista qui ressemble à s’y méprendre à la célèbre route américaine, cette route pavée de construction récente, désenclave, la partie centrale de l’île et offre des paysages de l’Ouest américain. D’ailleurs ces routes pavées constituent un travail  titanesque de l’homme et il est courant de voir, par-ci par-là, des ouvriers tailler les pierres en pavés et d’autres ouvriers réaliser avec minutie, la pause sur des kilomètres de ces pavés scellés  avec du sable.


Nous terminons cette visite rapide de Boa Vista par un endroit très particulier, le désert de Viana. Cette extension du Sahara au milieu de l’Atlantique est aussi un symbole de Boavista.  De 5 km de long sur 1 km de large, ce Sahara miniature, composé de sable blanc et de grains de terre noire, s’est formé au fil des siècles, grâce au vent océanique, déposant avec subtilité des volumes de sable du continent africain très proche. Le résultat de ce phénomène est tout simplement bluffant, avec de véritables dunes mélangées à une végétation rase et sèche et bénéficiant au gré du passage des nuages, de couleurs et de contrastes saisissants.


Les enfants, en profitent d’ailleurs, pour s’initier au surf sur le sable

La découverte de Boavista s’achève. Nous remercions Momo, notre guide, pour cette belle journée, de partage, de découvertes et de rencontres.

Nous partons ce soir même, pour 80 milles de navigation à travers l’archipel Cap-Verdien en direction de l’île de Sao Nicolau que nous avions déjà découvert voici trois ans.

Boa Vista, la Sauvage, nous laisse un petit goût d’inachevé dans sa découverte à cause des conditions météorologiques particulières, ayant mis à mal notre séjour ici.
D’autres sites ne manquent pas d’intérêt sur cette île, comme la Chaminé de Chaves, la réserve de Moro d’Aeira, la plage de Ervatao, et celle de Varandinha et sa grotte.

Boa Vista la Sauvage, nous laisse des images plein la tête, des paysages à couper le souffle et un accueil toujours exemplaire et convivial. La Morabeza est omniprésente.

A une prochaine fois peut-être ! 🤩😘

We ❤️ Boa Vista
We ❤️ Cabo Verde

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