Danù ou le premier « bateau copain »

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Biaona – Porto : 76 miles

Nous partons ce matin de Baiona, dernière étape en Espagne. Il est 8h50 quand nous prenons la route vers Porto. Danu est juste devant nous avec son mono de 17 tonnes et ses deux mâts. Les vents annoncés de 20 à 25 nds au portant ne sont pas au rendez-vous. Ils sont plein vent arrière et oscillent entre 10 et 15 nds au grand agacement du Capitaine.

Au sortir de la baie, nous sommes au moteur et voyons Danu à 2-3 miles devant nous qui met ses voiles en ciseau cap sur Lagos. Ils doivent être à Rabat pour le 5 septembre et font l’impasse sur Porto et Lisbonne. Petit pincement au cœur pour nous et les enfants de quitter ce bateau « copain », le premier d’une probable longue série.

Les enfants émergent quand nous hissons la grand-voile, un peu chahutés par la houle… « Papa ! Le seau ! le seau » hurle Charles, un banane et tout rentre dans l’ordre.

Plein vent arrière, nous sommes bien ballotés et optons pour un changement de cap entre 120 et 140° du vent pour gagner en vitesse, améliorer le passage en mer et par conséquent notre confort.

Le Capitaine et moi espérons rattraper Danu. Ça serait top de pouvoir se saluer en pleine mer…Grace à l’AIS, nous pouvons savoir quels sont les bateaux à proximité, leur noms, taille, mais aussi leur vitesse et leur cap. Danu, avance à 5-6 nds cap 180°, nous à 6-7 nds et 140°, pas assez vite pour les rattraper.

Pendant des heures nous peaufinons les réglages de voiles, jouons du mât rotatif, sortons notre petit gennaker, le rentrons, posons un barber sur le génois pour augmenter sa prise au vent…On ne lâche rien, Danu est toujours devant mais toujours visible, tout espoir est encore permis !

On chouchoute Boomerang, on l’observe. On se dit que l’on est trop chargé. Assis sur le trampoline, on planifie une meilleure répartition des poids pour soulager l’avant du bateau et améliorer le passage en mer.

On mange sur le pouce tandis que le vent forcit et monte à 15-18 nds, aussitôt on prend de la vitesse.

Danu est maintenant à portée de jumelles, loin sur notre bâbord, mais nos caps convergent. Sûr ! Nous allons nous croiser en mer !

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Camille et Charles dorment alors que nous nous approchons. Toute la famille Danu est sur le pont. C’est une véritable explosion de joie collective !. On est si proche, on se parle, puis on s’auto-photographie, puis on se quitte pour mieux se retrouver quelque part… Ce moment qui n’aura duré que quelques minutes, avec des personnes que finalement on connait si peu, est intense et restera sans doute gravé dans ma mémoire tellement il était chargée en émotions.

Derniers au revoir et empannage vers Porto. La houle nous est favorable, le vent forcit, le tout nous permet de jolis surf avec quelques pointes frisant les 14 nds. Le capitaine a la banane !

A 25 nds, nous suivons les conseils de Dominique, heureux propriétaire d’un Brazapi identique à Boomerang, et prenons un ris. On ménage notre monture sans perdre en vitesse et confort.

A une quinzaine de miles de la côte, nous louvoyons, slalomons serait plus exact, entre les casiers. Alors qu’en Espagne ils ne sont signalés que par de simples bouées, parfois de la taille d’un pamplemousse, ici on les repère aussi aisément qu’en France grâce à leurs fanions.

Nous filons sur un seul bord en direction de l’embouchure du Douro, la rivière qui traverse la ville de Porto. A 2 miles de l’arrivée, nous sommes contraints d’empanner pour céder le passage à un cargo attendu par deux remorqueurs. Ces mastodontes s’avèrent être tellement peu manœuvrant qu’ils en deviennent prioritaires : arrivant à 10nds, lui en approche à 6 nds, on ne fait pas le poids : C’est assez impressionnant..

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Voilà l’entrée du Douro signalée par 2 bouées verte et rouge. Le passage est étroit et le capitaine se demande où nous pourrons affaler la grand-voile. On file à 10-12 nds, avec 26 nds en travers. Un bateau portugais nous précède et affale son gennaker et sa grand-voile au milieu du Douro. Nous l’imitons.

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La ville et son pont si caractéristique s’offre à nous. C’est magnifique.

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Appel à la VHF, il est 19h50, nous sommes les derniers à accoster. La marina du Douro ferme.

Nous en profitons pour nous dégourdir les jambes, en quête d’un petit resto sympa dans le quartier des pécheurs. Ça sent les sardines grillées, brochettes de gambas, il fait bon et les portugais sont dans la rue. On s’offre un porto blanc, on dine puis extinction des feux.

Demain à nous Porto !

 

 

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